Assises Hainaut - La défense d'Aaron Notel plaide son acquittement pour l'homicide

La défense d'Aaron Notel, a demandé au collège de la cour d'assises du Hainaut, lundi après-midi, de répondre "non" à la question principale de culpabilité et à sa question accessoire relatives au meurtre avec préméditation de Hughes Laurent, perpétré le 5 avril 2014 rue d'Havré à Mons. "Il faut retenir les éléments pertinents et non les hypothèses", ont insisté Me Sven Mary et Me Cédric Moisse. La défense n'a pas contesté l'incendie volontaire de deux voitures perpétré la nuit du 31 janvier au 1er février le long de la rue de Strasbourg à Mons.

Me Sven Mary, avocat d'Aaron Notel, a d'abord critiqué "la subjectivité" du chef d'enquête qui n'aurait pas tenu compte de la présomption d'innocence de son client, avant d'estimer qu'il était possible qu'Aaron Notel ait pu considérer Hughes Laurent comme un caïd, un homme dangereux, "car il ne le fréquentait que dans la salle de sport et non pas dans ses sorties, et il savait qu'il faisait du sport de combat".

L'avocat de la défense a l'impression qu'on ne pouvait pas toucher au côté négatif de la personnalité de la victime, lors de l'enquête. "Je constate que lorsqu'on fait la perquisition chez lui, on découvre une arme chargée à côté de son lit. On dira que c'était pour se défendre depuis les incendies. Hélas, la dernière compagne a raconté devant la cour qu'il détenait une arme depuis longtemps".

Pour Sven Mary, la perte de poids de la victime peut aussi s'expliquer par le fait que Hughes Laurent avait arrêté de faire de la musculation, et non pas seulement par le fait qu'il était angoissé comme l'ont déclaré les avocats des parties civiles et l'avocat général, lundi.

Me Mary a recherché dans le dossier un élément concret et objetctif qui permet de déterminer si Notel savait que Nicolaidis était armé, si les accusés ont surveillé Hughes Laurent le 5 avril, s'il y avait un rendez-vous fixé entre les protagonistes. Il prétend qu'il n'en a pas vu dans le dossier.

Au sujet de la thèse de l'assassinat soutenue par l'accusation et les parties civiles, l'avocat estime que la rencontre sur la Grand-Place de Mons était fortuite. "Une téléphonie, on l'interprète comme on veut", martèle l'avocat bruxellois qui estime qu'il est possible que le téléphone de son client s'est éteint à cause d'un problèmes de batterie, d'autant plus que le téléphone de Savvas n'a pas été coupé. "Cette téléphonie ne permet pas de dire qu'il y a eu une observation, que la victime ait été suivie par les accusés, et il n'y avait pas de rendez-vous prévu". Pour l'avocat, il est faux de dire que l'accusé ne venait jamais dans le centre de Mons car "il est démontré par l'analyse de la téléphonie que mon client était dans le centre de Mons plusieurs samedis entre le 1er janvier et le 5 avril 2014".

L'avocat s'est ensuite penché sur les analyses des experts en santé mentale. "Aaron Notel est un homme instinctif qui ne prépare rien mais on ne veut pas entendre la passion dans ce dossier", poursuit Me Mary. "Ce dossier est l'histoire d'un homme contre un autre homme".

Enfin, l'avocat estime qu'il est possible que son client ignorait que Savvas Nicolaidis détenait une arme dans une sacoche. "Si son but était d'assassiner Hughes Laurent, quoi de plus facile que de l'abattre à l'abri de tout regard! Comme ce fut le cas pour l'incendie commis la nuit et pour lequel on a pris des précautions. Cela n'a pas de sens". Pour Sven Mary, les autres parties ont émis beaucoup d'hypothèses dans leurs plaidoiries et réquisitoire. "Le but est de leur coller la perpétuité à tout les deux", s'emporte l'avocat.

Me Cédric Moisse a plaidé que l'élément moral n'était pas présent dans l'intention d'homicide. "Si le collège estime que l'intention d'homicide n'est pas établie chez Nicolaidis, elle ne peut pas être établie chez M. Notel. Si le collège estime l'inverse, on ne peut pas en déduire que Notel est co-auteur de ce meurtre. Il n'existe pas d'éléments au dossier qui permettent d'affirmer que Aaron Notel savait que Savvas Nicolaidos était armé". Pour sa défense, Aaron Notel ne savait pas que son ami était armé!

La défense d'Aaron Notel a donc plaidé son acquittement pour l'homicide commis sur la personne de Hughes Laurent et a contesté la thèse de la préméditation.