VERVIERS

René Hausman est décédé ce matin

Le célèbre illustrateur avait fêté ses 80 printemps il y a peu. René Hausman est décédé ce jeudi matin tôt à l'aube, à son domicile verviétois. Son immense talent va manquer.

N’en déplaise à sa modestie légendaire, René Hausman était une vraie pointure dans le monde très particulier de la bande dessinée et de l’illustration. S’il a passé une partie de son enfance en Westphalie, il ra encontré à 18 ans le dessinateur verviétois Raymond Macherot, qui a flairé son talent et l’a orienté vers une carrière de longue durée.

Dès son service militaire, René Hausman dessine dans Spirou les aventures de Saki et Zunie.

Elles marquent sa prédilection pour la préhistoire et le monde fantastique des animaux, qu’il illustre au sein des prestigieuses collections de Dupuis, avec La Forêt secrète, Le roman de Renart, le Bestiaire insolite,les contes de Perrault ou les deux tomes des Fables de La Fontaine.

Un créneau au travers duquel il développe une créativité et une imagination débordante.

Puis vient le cycle de Layna, une héroïne affriolante qu’il anime à travers les scénarios de Pierre Dubois.

On le voit aussi illustrer deux scénarios de Yann pour Les trois cheveux blancs ou Le Prince des Écureuils, construits avec panache à l’aune de la démesure de son talent.

L'artiste verviétois avait reçu en 1984 le prix Québec-Wallonie-Bruxelles de littérature de la jeunesse

Cette année, il a réalisé une reprise très personnelle de "Chlorophylle", un personnage créé par un autre Verviétois, Raymond Marcherot.

Il avait fêté ses 80 ans avec les écoliers

Dimanche 21 février dernier, René Hausman fêtait ses 80 ans. Deux jours plus tard, en découvrant la banderole qu'il venait de réaliser pour décorer la cour des classes maternelles, il remettait le couvert avec les élèves de l'école fondamentale de la Communauté française de l'avenue du Chaineux à Heusy, école qui porte d'ailleurs son nom depuis le 22 septembre 2012. 

Le personnage, plus attachant que jamais, avait pris le temps, tout au long de la journée, de se rendre de classe en classe pour rencontrer tous les écoliers sans exception. Une attention vraiment touchante, mais aussi pour les bambins une rencontre en forme de découverte avec un dessinateur et illustrateur sans âge, dont le talent traverse sans prendre une seule ride toutes les générations, dans un cycle animalier qui fait appel à la féerie et aux légendes.

« On consacre ici quelqu'un dont le rêve a été la principale préoccupation »

Prêter son nom à une école avait particulièrement honoré René Hausman, comme il nous l'expliquait en septembre 2012: « ça m'honore car il y des gens nettement plus pointus ! Moi, je suis un rêveur, un imaginatif. On consacre ici quelqu'un dont le rêve a été la principale préoccupation.» Même si l'artiste reste comme toujours fort discret face à la notoriété, l'on sent qu'il est ému: «Une école qui me propose cela, ça n'a pas de prix ! C'est mieux qu'une rue ou une place.»

A cette occasion, René Hausman avait réalisé spécialement pour son école, trois oeuvres monumentales. Vu la taille des tableaux, il avait dû déménager pour établir son atelier temporaire dans son garage, lieu qui offrait à la fois l'avantage de l'espace mais aussi de la luminosité et de la fraîcheur.

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