BIEN-ÊTRE

Comment lutter contre le bruit à l’école ?

Les classes situées à côté de la cour de récréation peuvent souffrir de problèmes de bruits de façade. Mais ce sont les réfectoires et les salles de gym qui posent le plus de problèmes.
Les classes situées à côté de la cour de récréation peuvent souffrir de problèmes de bruits de façade. Mais ce sont les réfectoires et les salles de gym qui posent le plus de problèmes.-ÉdA – Florent Marot

Le bruit provoque une détérioration des capacités cognitives de mémorisation et de réalisation de tâches complexes. Autant dire, que c’est un poison, en milieu scolaire. Un colloque est organisé ce mercredi 27 avril à l’ULg, pour sensibiliser à la question.

Depuis 2012, il existe une norme bruit, qui s’applique aux bâtiments scolaires. «Elle reste fortement méconnue», constate Fabienne Duthoit, ingénieure de recherche au Cedia. «Par exemple, lors de l’inauguration d’une école où un travail avait été réalisé sur l’acoustique, des présidents de P.O. présents sont venus me trouver pour en parler. Car l’acoustique posait problème dans leurs établissements.» C’est pour cela que le colloque School Acoustics Day, qui se déroule au Sart Tilman ce 27 avril est ouvert à tous les publics.

La norme bruit, c’est quoi?

La norme NBN S01-400-2 est spécifique pour les écoles. Cette norme n’est pas contraignante. «Dans le cadre d’habitations, il y a parfois des procès, et le tribunal oblige les constructeurs à adapter le bâtiment aux normes. Mais dans le milieu scolaire, on ne sait souvent pas que la norme existe», explique Fabienne Duthoit.

Elle traite tous les problèmes: le bruit aérien (entre les classes), quand une classe de gymnastique est située à côté d’une salle d’étude. Le bruit des façades, qui peut poser problème aux classes situées à côté de la cour de récréation, près d’une route bruyante… Les bruits de chocs concernent surtout les écoles avec étages, quand les mouvements des chaises dérangent la classe située en dessous. La réverbération, c’est l’effet «église» par opposition à l’ambiance feutrée, qui règne dans un cinéma. Et enfin, les bruits d’équipement, provoqués par un ascenseur, la robinetterie, une ventilation mécanique, une chaudière ou un conditionnement d’air.

Les acousticiens peuvent tester le respect de la norme, et proposer des solutions en cas de problème.

La salle de sport et le réfectoire

«Dans les écoles, 9 plaintes sur 10 concernent le bruit dans les salles de sport, qui jouent aussi le rôle de salles polyvalentes (salles de fête, etc.) et les réfectoires», diagnostique Fabienne Duthoit. Le problème est lié à la réverbération: pour des questions d’hygiène, ces salles sont souvent carrelées. Or, les études montrent que le niveau sonore augmente le stress, et donc complique la digestion.

Si pour des raisons esthétiques et financières, il est plus heureux de réfléchir à la question de l’acoustique avant, pour une plus grande cohérence au niveau des matériaux, on peut rattraper le problème après, selon la spécialiste. «Et on obtient des résultats identiques.»

Bruxelles environnement travaille sur le bruit

Parmi les intervenants de ce colloque sur le bruit à l’école, Bruxelles environnement fera part de son expérience. Depuis plusieurs années, le département bruit de Bruxelles environnement travaille à l’amélioration de l’acoustique des bâtiments scolaires, et conscientise les élèves sur la question du bruit.

Le service a développé plusieurs outils qui intéresseront les écoles wallonnes: cette vidéo http ://www.environnement.brussels/, qui informe sur le bruit et un vademecum très pratique qui donne des fiches pratiques à appliquer dans les différentes zones de l’école (http ://document.environnement.brussels/opac_css/elecfile/GIDS_230114_VadeBruitÉcolFR. pdf)