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Oufti-1, le satellite liégeois lancé à 28000 km/h dans l’espace

Oufti-1 a vu le jour grâce au travail de dizaines d’étudiants et de chercheurs liégeois.
Oufti-1 a vu le jour grâce au travail de dizaines d’étudiants et de chercheurs liégeois.-© ULg – Jean Louis Wertz

Ce vendredi soir, la fusée Soyouz décollera de Kourou. Elle emmènera dans l’espace le tout premier nano-satellite belge, réalisé à Liège. Un vrai petit bijou de technologie qui gravitera deux ans autour de la Terre.

«Oufti-1»: avec un tel nom, ce nano-satellite ne pouvait venir que de Liège. C’est bien en Cité ardente qu’a été concocté ce petit bijou de technologie d’à peine 10 centimètres de côté. Il s’agit du tout premier nano-satellite belge. Il sera envoyé sur orbite ce vendredi à 23h02, depuis Kourou en Guyane, emmené par la fusée Soyouz VS14.

La soirée de ce vendredi constituera un aboutissement pour les nombreuses personnes qui ont planché sur ce projet, principalement des étudiants de l’Université de Liège et de hautes écoles liégeoises. Les origines du projet remontent à 2007. Depuis lors, plusieurs dizaines d’étudiants y ont travaillé et quelque 45 travaux de fin d’études y ont été consacrés.

«Oufti-1» connaît une telle destinée parce qu’il a été sélectionné par l’Agence spatiale européenne dans le cadre d’un programme spécifiquement destiné aux étudiants européens, histoire de leur permettre de concevoir et fabriquer un tel engin. Deux autres «CubeSats» issus de ce programme seront du voyage, aux côtés du Liégeois: un Danois et un Italien.

À quoi sert-il?

Plus qu’un instrument pédagogique, «Oufti-1» aura bien entendu une utilité, une fois en orbite autour de la Terre. Son appellation fait bien entendu référence à la fameuse exclamation liégeoise. Il s’agit aussi d’un acronyme: Orbital Utility For Telecommunication Innovation.

La nano-satellite servira en quelque sorte de relais dans l’espace, puisqu’il emmènera avec li pour la première fois la technologie D-Star. Elle permet la transmission de la voix et de données simultanément et numériquement, en particulier pour les radioamateurs à travers le monde.

Oufti-1, le satellite liégeois lancé à 28000 km/h dans l’espace Oufti-1 mesure à peine 10 cm de côté.-© ESTEC/ESA La présence d’un tel relais dans l’espace permettra de pratiquer l’activité radio y compris pour des personnes éloignées d’un relais sur terre ou d’une connexion internet, dans des zones isolées ou par exemple touchées par des catastrophes naturelles.

En plus des liaisons radio, Oufti-1 permettra de tester dans l’espace les cellules solaires dont il est équipé, dont le rendement est plus élevé que celles des panneaux photovoltaïques.

Quelques chiffres

10 centimètres

Oufti-1 constitue bien un «nano»-satellite, dont la taille est modeste. C’est un cube de 10 centimètres de côté, pensant 1 kg. Il est doté d’antennes de 50 et 17 centimètres.

28 000 km/h

Il gravitera sur une orbite elliptique à une distance de 450 km à 660 km de la Terre. Son inclinaison sera de 98 degrés: on parle d’une orbite quasi polaire.

Un peu plus d’1 h 30

La durée d’une révolution autour de la Terre.

2 ans de vie

Oufti-1 a une durée de vie d’environ 20 ans si on tient compte de son orbite, donc du moment auquel il entrerait dans l’atmosphère. Mais sa durée de vie liée aux composants électroniques est de l’ordre de 2 ans.

Une soirée spéciale

L’ULg organise ce vendredi une soirée spéciale Oufti-1, dans ses bâtiments du complexe Opéra. Au programme, divers témoignages, explications et mises à l’honneur concernant l’élaboration d’Oufti-1, mais aussi de Sentinel 1-B.

À partir de 22h30, sauf imprévu, débutera la retransmission du lancement d’Oufti-1, à bord de la fusée Soyouz. Le décollage est programmé pour 23h02, heure belge.

A noter que nos confrères de RTC ont mis en place une émission en direct, ce vendredi à partir de 22h30. Oufti-1, le satellite liégeois lancé à 28000 km/h dans l’espace Quelque 45 travaux de fin d’études ont été consacrés au nano-satellite à Liège.-© ULg J.-L. Wertz

 

Un autre satellite aux accents liégeois: Sentinel 1B

Parmi la cargaison de Soyouz, ce vendredi, se trouve un autre satellite, d’un tout autre gabarit: 2300 kg. Celui-là aussi fait la fierté de l’Université de Liège et du Centre spatial de Liège (CSL), qui ont apporté leur collaboration à sa réalisation.

Cinq groupes de satellites «Sentinel», chapeautés par l’Agence spatiale européenne, doivent être envoyés dans l’espace pour une mission d’observation de la Terre. Sentinel 1B fait évidemment partie de la première fournée.

Le CSL a particulièrement été impliqué dans une série d’instruments dont sont dotés ces satellites et «qui vont assurer notre sécurité écologique et le développement durable de notre planète durant les prochaines décennies», explique l’ULg.