JARDIN

Au rythme des cueillettes sauvages

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--ÉdA

Cueillir des plantes comestibles sauvageonnes ne permet pas seulement une cuisine au naturel. C’est d’abord une activité authentique qui puise dans les racines de l’homme.

La cueillette des plantes comestibles, glanées çà et là dans nos bois et prairies, provoque chez le cueilleur une impression de Déjà-vu. L’homme a en lui l’instinct cueilleur. C’est amusant, comme un jeu d’enfant. Et en même temps, c’est excitant, comme un jeu risqué. Car il ne faut choisir que les plantes comestibles et la distinction entre le poison et le festin ne tient parfois qu’à une tige. Dans le plus grand respect de son environnement, le chasseur de plantes prend soin de la nature. Autant de celle toxique pour son intestin que de celle douce pour ses papilles. En clair, il faut adopter une conduite éduquée.

Si la cueillette est en vous, cette activité nécessite une préparation et un accompagnement pour être réalisée dans les règles de l’art. Pourquoi ne pas commencer par une balade accompagnée? Aussi, procurez-vous des bouquins! Un guide de reconnaissance des plantes et un livre de recette. Vous découvrirez que certaines plantes peuvent servir d’assaisonnements pour un steak, un beurre, une tisane, une glace, etc. D’autres peuvent constituer un plat entier comme une soupe, une quiche, une salade, du pesto et encore une infinité d’autres recettes!

Balade découverte

Des balades pour chaque saison! Oui, car il est possible de découvrir chaque mois des plantes différentes. Tout au long de l’année, l’ASBL Cuisine Sauvage, à Namur, organise des formations partout en Belgique. En groupe, l’ambiance est conviviale, à l’aide de mots simples et de jeux éducatifs, chacun apprend en douceur comment cueillir la nature.

«Qui a déjà mangé une plante sauvage?» «Savez-vous reconnaître le plantain?» «Comment cueillir une ortie?» «Que cuisinerez-vous ce soir?» «Peut-on cueillir les plantes aux abords des champs?» Les jeux s’introduisent par des questions simples et ne demandent aucune expertise préalable. Au contraire, tout se déroule dans la simplicité et rien ne vous empêche de parfaire votre formation par d’autres lectures.

Grâce à une première balade accompagnée, vous êtes prêt pour naviguer seul en eaux naturelles. Des experts vous apprennent les limites du pillage et vous dictent les règles d’or du cueillage. C’est aussi l’occasion d’une activité en plein air pour se retrouver avec la nature, avec les autres.

En mars, voici ce que nous avons trouvé (lire également pages suivantes): des orties, de l’ail des ours, de l’épiaire qui goûte le cèpe, des chénopodes qui goutte le céleri ou la carotte, du lamier, des pissenlits, du lierre terrestre, de la mélisse, etc. Qu’attendez-vous pour en découvrir d’autres? La nature, elle, est prête.

cuisinesauvage.org

 

 

Quatre conseils pour la cueillette sauvage

 

Avec précaution : 96% de la flore mondiale serait comestible. Oui mais! Il faut toujours s’abstenir de cueillir une plante si elle évoque le moindre infime doute (plante toxique ou protégée). Néanmoins, il ne faut pas pour autant développer une paranoïa maladive car il est facile, une fois les clés en main, d’identifier les plantes pour ensuite les cuisiner.

Avec bon sens : Il faut éviter les bords des champs (souvent aspergés de pesticides et herbicides). De manière générale, ne vous aventurez pas sur les terres d’origine incertaine: bords de route, proximité de décharges, pieds de clôtures ou lampadaire, etc. Concernant les plantes elles-mêmes, plus le végétal est jeune, moins il a été parasité.

Avec modération : Il est conseillé de ne pas dépasser plus de 10% de la zone pour permettre une régénération naturelle aisée. Si la plante pousse isolément, assurez-vous que d’autres spécimens poussent dans les environs immédiats. Aussi, ne prélevez que la partie nécessaire, sans les racines. Enfin, respectez la plante toxique comme la plante comestible.

Avec intelligence : La plante toxique ne se reconnaît pas à son goût soi-disant mauvais qui, au contraire, peut être agréable! Bien sûr, une odeur, une réaction étrange sont des signaux dont il faut se méfier. Tout en sachant que vous pouvez être allergique à une plante comestible. Évitez les excès car la toxicité est relative et dépend parfois de la quantité ingurgitée