À Nivelles, Lambda-X savoure: premier cap franchi pour ExoMars

Technologie wallonne: le module fabriqué chez Lambda-X tient dans la paume d’une main mais apportera des données précieuses sur l’atmosphère martienne. -

Le lancement réussi de la fusée russe Proton a été suivi avec émotion dans la salle de réunion de la société Lambda-X à Nivelles, qui a conçu l’un des trois instruments composant le module belge NOMAD, en route pour explorer l’atmosphère de Mars.

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«Ça s’annonce bien. Il y a toujours un degré d’incertitude, on n’est jamais sûr que la fusée va bien décoller, et ce lancement réussi est un soulagement. Le premier cap est passé et on va suivre la suite durant toute la journée», se réjouit Élodie Magnette, de la société Lambda-X de Nivelles qui, au sein de Nomad, a conçu le petit module Uvis devant fournir des informations sur les molécules composant l’atmosphère martienne (comme le méthane, l’ozone, l’acide sulfurique,…, détectée même en faible concentration) et permettra de cartographier leur position.

Ce n’est pourtant que dans un an que la société nivelloise aura pleinement confirmation que le module de spectrométrie qu’elle a mis au point est bien opérationnel. Il faut en effet sept mois pour que les éléments envoyés par la fusée atteignent de Mars, et environ trois mois encore pour que le satellite Trace Gaz Orbiter s’installe convenablement dans son orbite, puis établisse les communications avec le module Schiaparelli, qui doit atterrir sur la planète rouge. «Les premières mesures vont pouvoir commencer à arriver au début de 1017. Elles doivent durer une année martienne, soit l’équivalent de deux années terrestres», explique Mme Magnette. C’est à l’issue de ces mesures qu’en 2018 se déroulera la seconde partie de la maission ExoMars, avec l’envol d’un robot d’exploration de la planète rouge.

Lambda-X, qui existe depuis 1996 et emploie 31 personnes, n’en est pas à ses débuts dans l’exploration spatiale. Une trentaine d’instruments ont déjà été développés par la PME wallonne pour des satellites, des fusées, des sondes, ainsi que la station spaciale internationale, dont certains sont toujours en fonctionnement. N’empêche, les minutes qui précèdent et suivent le lancement d’une telle fusée restent chargées d’émotion. «Ce n’est pas exceptionnel pour nous, mais ce n’est pas tous les jours non plus», souligne Élodie Magnette.