MONS

"Non, tout le monde n'est pas content de l'arrivée d'Ikea"

Alors que les invités assistaient à l’ouverture officielle du nouveau magasin IKEA-Mons sur le site des Grands Prés, des représentants du collectif citoyen «Mons Équitable» manifestaient non loin de l’entrée du site IKEA leur désaccord avec l’arrivée de la chaîne suédoise à Mons.

Pour «Mons Équitable», l’arrivée d’IKEA n’est pas une bonne nouvelle pour Mons et pour sa région. «On annonce 350 emplois nouveaux à IKEA mais combien d’emplois seront détruits suite à cette arrivée non seulement à Mons mais dans toute la zone de chalandise drainant les 2 millions de consommateurs annoncés par IKEA», ont indiqué les membres du collectif montois.

Cette crainte pour l’emploi est également celle de l’économiste montois spécialisé dans le développement économique local, Alexandre Bertrand, relayé par divers médias locaux. «On peut dire que 350 emplois nouveaux à IKEA est certes un chiffre mais cet emploi généré me semble minime par rapport aux 2 millions de visiteurs attendus par an chez IKEA Mons et au chiffre d’affaires que cela représente», a indiqué Alexandre Bertrand à Belga. «Par ailleurs, on crée de l’emploi sur le plan local mais ce n’est selon moi pas une bonne nouvelle pour l’emploi qui serait impacté dans la toute zone de chalandise.»

Pour Alexandre Bertrand, le centre-ville de Mons, que le bourgmestre Elio Di Rupo a annoncé mardi comme étant désormais «la priorité des priorités», s’est progressivement vidé de sa substance avec l’arrivée des Grands Prés en 2003. «Le glissement de la clientèle a été progressif du centre-ville vers les Grands Prés. Le nombre de cellules vides en centre-ville n’a cessé d’augmenter ces dernières années, ce que je trouve très préoccupant.»

Dans le cadre de son analyse annuelle de la dynamique commerciale des centres-villes wallons publiée au début septembre 2015, l’Association du Management de Centre-Ville (AMCV) avait notamment indiqué pour Mons un accroissement des cellules vides de 10,5 pc en juillet 2013 à 23 pc en juillet 2015 et une chute de la densité commerciale, jugée structurelle par l’AMCV, de 88,7 pc à 76,3 pc.