Un an après le lancement officiel du méga chantier du barrage sur le site éclusier de Kain (Tournai), les travaux avancent à pas de géant.

Communément appelé « chantier de l’écluse de Kain », celui qui a été officiellement lancé sur le site en avril 2015 - pour une période de trois ans - ne concerne pas directement l’écluse dont les portes ont été remplacées et le fond raboté en août dernier.

« Il s’agit en réalité de remplacer le barrage existant par un nouveau barrage », explique Carl Delhaye, fonctionnaire dirigeant le chantier pour le compte du SPW.


Le barrage existant - situé à gauche de l’écluse si l’on tourne le dos à Tournai - date de 1920 et n’est composé que d’une seule vanne. Certes, ce dernier continue à rendre de précieux services, mais il n’est pas à l’abri d’une panne et pourrait en outre s’avérer trop limité en cas de crue exceptionnelle.


Si tel était le cas, les Tournaisiens risqueraient de se retrouver avec les pieds dans l’eau. Ces travaux   s'inscrivent en outre dans le cadre du projet européen RTE-T « Seine-Escaut-Est » qui comprend l’amélioration de gabarit du Haut-Escaut et de la dorsale wallonne à 2 000 tonnes. 

Le nouveau barrage sera doté de deux pertuis qui seront équipés chacun d’une vanne clapet métallique de 12 mètres de largeur. Soit un total de 24 mètres, contre 18 actuellement. De quoi garantir, en cas de crue, la sécurité du bief situé en amont de l’écluse de Kain et qui traverse toute la ville de Tournai. La mise en service de deux vannes permettra également de faciliter les opérations d’entretien. Le nouveau chenal n’est donc pas dévolu à la navigation comme on pourrait le penser ; les bateaux continueront bien à transiter par l’écluse qui reste, bien entendu, opérationnelle.

Sur le terrain, les équipes - de la société namuroise BAGECI chargée de cet impressionnant chantier - n’ont guère eu le temps de chômer depuis les premières opérations de déboisement lancées en avril dernier. Le chenal a été creusé en site propre et deux digues ont été préservées de part et d’autre afin de garantir son étanchéité pendant les travaux de terrassement. Une première couche de béton a d’ores et déjà été coulée au fond du chenal, soit à environ 8 mètres de profondeur. Du béton, il en coulera encore pas mal sur le site si l’on considère qu’il en faudra environ 3 000 mètres cubes pour réaliser le fond du chenal, là où seront installées les nouvelles vannes. Une quantité imposée par le fait qu’il est indispensable de prévoir un sol suffisamment costaud que pour résister à la poussée des eaux souterraines et éviter ainsi au sol de remonter sous l’effet de la poussée d’Archimède lors d’un nettoyage du chenal, par exemple. Rappelons que ce chantier, dont le montant total des travaux est estimé à 11.486.650 €,  est piloté par la Direction Générale Opérationnelle de la Mobilité et des Voies hydrauliques du Service public de Wallonie.

+ D'autres détails dans l'édition de l'Avenir/Le Courrier de l'Escaut de ce samedi 6 février 2016.