TC Bruxelles - Les prévenus contestent les rémunérations fictives dans les sociétés de l'OKC (2)

Le président de la 89e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a commencé, jeudi, à interroger les prévenus sur les préventions auxquelles ils doivent répondre concernant les activités illicites supposées de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC). Deux anciens dirigeants d'une société dénommée Tara, qui gérait des magasins et des restaurants, liée à l'OKC, ont démenti avoir commis des faux de manière à faire croire que les associés de celle-ci étaient rémunérés alors qu'ils ne l'étaient pas.

Le juge a interrogé certains prévenus, jeudi, concernant la prévention de faux. Il est reproché à certains anciens gestionnaires d'une société dénommée Tara, proche de l'OKC, d'avoir commis des faux dans des actes de société, des faux dans des contrats et des faux en écriture comptable.

Il est particulièrement reproché à deux prévenus, Paulo C. et Guillaume V., d'avoir déclaré des rémunérations dans le cadre des activités de cette société, gestionnaire de magasins et de restaurants à Bruxelles, sans avoir versé ces rémunérations. Les deux concernés ont contesté.

"Non, les paiements étaient faits, l'argent est sorti", s'est expliqué Paulo C. "Mais après, l'utilisation qui en a été faite, c'est autre chose", a-t-il dit.

"Certains associés de Tara décidaient de verser une partie de leurs rémunérations à l'ASBL OKC", a précisé Guillaume V. "Mais il n'y avait aucune obligation à ce qu'ils transfèrent cet argent à OKC, certains ne l'ont pas fait d'ailleurs", a-t-il ajouté.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué des dizaines de personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

OKC est particulièrement soupçonnée d'avoir contraint ses membres à travailler, sans les payer, dans les restaurants et les magasins que la société Tara possédait et qui brassaient des centaines de milliers d'euros par an.

Cette société était liée à OKC, et l'est toujours, par une convention datant de 1990. Celle-ci stipule entre autres que Tara transfère une partie de ses bénéfices (4% actuellement contre 2% il y a quelques années) à OKC.

Selon les prévenus, une partie des rémunérations des associés était donc également versée à OKC, mais sans obligation.

Paulo C. a aussi admis jeudi que ces transferts d'argent servaient les intérêts personnels de Robert S., fondateur d'OKC, et non ceux de l'ASBL OKC en elle-même.

Outre des préventions de faux et d'usage de faux, les prévenus devront répondre de fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Le fondateur de l'OKC, Robert S., devra également répondre de faits de viol.

Le procès se poursuivra vendredi. Le président du tribunal interrogera alors les prévenus sur la prévention d'extorsions commises à l'aide de violence et de menaces.