MUSIQUE - SESSION ACOUSTIQUE

Live buzz avec Jacques Stotzem (3) : « Je ne me rendais pas compte de l’influence de Rory Gallagher sur ma musique »

Le guitariste belge Jacques Stotzem rend hommage à Rory Gallagher, disparu il y a tout juste 20 ans, sur « TO RORY : acoustic tribute to Rory Gallagher ».

Jacques Stotzem, vous avez rendu hommage à pas mal d’artistes sur les albums « Catch the Spirit » 1 et 2, mais tout un album sur un seul artiste, c’est une première…

C’est le première et la seule. Rory Gallagher n’était pas quelqu’un d’extrêmement populaire, à part dans certains pays, mais j’ai toujours été très attaché à sa musique. Il y a des tonnes d’artistes que j’aime mais pas à ce point-là.


Le premier titre de cette session acoustique : Moonchild, dans notre première vidéo ci-dessus.


♦ Le ticket de concert sur la pochette de l’album, c’est une archive personnelle ?

Oui, la première fois que je l’ai vu, c’était en 1977, j’avais 18 ans et c’était mes débuts à la guitare. C’est lié à mon apprentissage et c’est un concert qui m’a vraiment marqué. Et les gens qui l’ont vu en concert ont tous été marqués. Par son énergie, par son contact avec le public. Personne n’en est vraiment ressorti indemne.

♦ Vous avez joué le mois dernier à Manchester dans un festival entièrement consacré à Rory Gallagher. Comment c’était ?

Ce disque est un projet unique. Personne n’a fait ça à la guitare acoustique. On pourrait penser que c’est normal puisque la musique de Rory Gallagher est très électrique. Donc pour moi, c’était un challenge d’aller jouer là-bas, devant des fans, avec des groupes de reprises qui jouent sa musique à l’identique. Mais, enfin, c’est pas pour me vanter, ils étaient sur le cul. J’ai fait cet album avec beaucoup de respect. Je me suis beaucoup investi, j’ai beaucoup écouté sa manière de jouer et de chanter et j’ai mélangé ça avec ma personnalité.
 

Deuxième titre : Don't know where I'm going :
 

 

♦ L’énergie, dont vous parliez, c’était ça le plus compliqué à transcrire ?

On pense souvent, à tort, que la guitare acoustique sert juste à accompagner. Mais c’est un instrument qui a une dynamique énorme, une énergie que les gens n’attendent pas toujours. Et beaucoup de nuances aussi. Non, le défi, c’est le fait que Rory Gallagher était aussi un chanteur. Donc, j’ai cherché à intégrer la mélodie du chant. C’était important de pouvoir reconnaître non seulement les riffs de guitares, mais aussi la mélodie de la voix. Après un concert, un fan de Rory est venu me voir et il m’a dit « Avec ce que tu as joué à la guitare, j’ai entendu Rory chanter ». C’est le plus beau compliment qu’on pouvait me faire.

♦ Combien de temps avez-vous travaillé sur ce projet ?

Sur « Catch The Spirit », il y avait déjà les prémisses. J’y pensais depuis longtemps. La réalisation m’a pris deux ans.

♦ Pourquoi ces neuf morceaux-là ?

Sa musique a beaucoup évolué. Au début, il avait plus de morceaux à la guitare acoustique, et puis des titres plus énergiques. J’ai voulu  représenter ces différentes périodes. Maintenant, pourquoi ces chansons-là ? Ce sont celles qui me plaisent le plus. C’est tellement de travail que je ne peux le faire qu’avec des morceaux qui me parlent. Ce ne sont pas forcément les plus connus, même s’il y a des incontournables comme « Moonchild », « Tattoo'd Lady » ou  « Out on the western plain »… A l’époque, il était le seul à interrompre ses concerts pour jouer une séquence acoustique, particulièrement cette dernière chanson. Ca créait une sorte d’intimité, les gens attendaient ce moment.
 

Troisième titre : Out on the western plain :
 


 

♦ En concert, ça donne quoi ?

Je fais toujours un concert en deux partie. La première ce sera les morceaux de Rory Gallagher et la deuxième, les miens. Il y a un vrai lien. Je l’ai remarqué en travaillant sur ces morceaux. Je ne me rendais pas compte avant à quel point il m’a influencé. Jouer ses morceaux, c’est naturel, familier.

♦ Le fait de vous en rendre compte maintenant, vous pensez que ça va changer votre façon d’envisager votre musique pour la suite ?

Oui, certainement. La mélodie, c’est le premier attrait d’une musique pour moi, quel que soit le style. Le déclic vient toujours de la mélodie. J’ai réécouté la musique de Rory, tous les petits détails et je me suis calé sur la mélodie du chant. Même si je ne chante pas, et c’est mieux comme ça, je laisse la guitare chanter.

 

Jacques Stotzem sera en concert :

Le 11 décembre à Verviers, Spirit of 66
Le 12 décembre à Gelbressée
Le 17 décembre à Woluwe St Pierre
Le 10 janvier 2016 à Ittre
Le 12 janvier à Mons
Le 15 janvier à Natoye
Le 30 janvier à Soignies
Le 5 février à Waremme 
Le 6 février à Bouillon
Etc...

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