Mouscron : un réseau associatif pour gérer la solidarité envers les réfugiés

350 personnes étaient présenteslors de la réunion d’information sur l’arrivée de migrants. Un comité va être créé: «Mouscron, terre d’accueil».

L’arrivée de réfugiés à Mousron ne laisse personne indifférent. Si ce week-end, ce sont les «contre» qui se sont rejoints pour manifester, lundi soir, ce sont les «pour» qui se sont réunis pour une réunion d’information. Et très vite, la comparaison a fusé: «Je suis fier de constater qu’aujourd’hui, nous sommes facilement deux fois plus à montrer notre solidarité que lors de la pseudo-manifestation de samedi », s’est réjoui Jean-Marc De Mullier, président d’Eco-vie, à la base du rendez-vous.

L’importance de coordonner les efforts

L’homme a ensuite donné la parole à Anne-Sophie Rogghe, avocate spécialisée dans le Droit des étrangers. Elle a rappelé le parcours entrepris par chaque migrant pour obtenir son droit à l’asile. Elle a également voulu remettre en contexte l’arrivée massive dont on parle souvent: «En Belgique, nous accueillons entre 20 000 et 25 000 migrants par an. Dans les pays situés autour de la Syrie, on accueille 20 000 migrants… par jour ».

Jacques Varrasse a ensuite témoigné de son expérience dans des camps d’accueil pour migrants en Afrique centrale, au Rwanda notamment: «Le plus important dans cette situation sera leur accueil car ce sont des personnes qui arrivent dans l’inconnu et cela leur fait peur… Ils sont déjà traumatisés par leur parcours et débarquent dans un pays aux us et coutumes différents. C’est là que le rôle des bénévoles sera primordial! ».

Toutefois, le Mouscronnois précise d’entrée que, pour être efficace, il faudra se montrer organisé: «Il faut articuler les efforts entre les gestionnaires du centre, les pouvoirs locaux, les associations et tous les citoyens qui sont prêts à apporter leur aide. Pour y parvenir, nous devrons nous réunir autour d’une table afin de préparer cette arrivée et de voir ce qu’il est possible de mettre en place: dons, activités, ateliers, éducation…»

Encore quelques jours de patience

C’est dans cette optique qu’un réseau associatif sera créé et prénommé «Mouscron, terre d’accueil». «Il sera formé de bénévoles, de membres d’associations… Nous aimerions, par ce biais, désigner des référents selon les matières. Ils deviendraient des personnes de contact dans leur spécialité. Nous pourrions, par exemple, avoir un référent pour la récolte de vêtements. Cela évitera de se retrouver avec plusieurs paires de chaussures pour enfants alors qu’il manque d’autre chose».

En fin de soirée, toutes les personnes qui le désiraient ont pu laisser leurs coordonnées et leurs idées sur une feuille de papier. Dans les jours qui viennent, le réseau associatif sera mis en route officiellement et elles seront recontactées afin de voir quel investissement est réalisable ou non.

Notons qu’une conférence de presse devrait être organisée lors du lancement officiel de «Mouscron, terre d’accueil».