BRUXELLES

Des ONG manifestent contre l’optimisation fiscale des entreprises

«En Belgique, on voit des grandes entreprises ne payer que 2 à 3% d’impôt, alors que le citoyen lambda paie plus de 30%», a indiqué Leila Bodeux.
«En Belgique, on voit des grandes entreprises ne payer que 2 à 3% d’impôt, alors que le citoyen lambda paie plus de 30%», a indiqué Leila Bodeux.-ÉdA – Jacques Duchateau

Les manifestants demandent aux multinationales de communiquer où elles sont actives, les taxes qu’elles paient et leurs profits.

A l’initiative d’Oxfam-Solidarité, en collaboration avec le CNCD-11.11.11 et le Réseau justice fiscale, une vingtaine de personnes se sont rassemblées mercredi à 10h00 devant le ministère des Finances à Bruxelles, pour exiger davantage de transparence fiscale des multinationales. Le groupe a rejoint à 11h00 des partenaires européens devant les instances européennes, au rond-point Schuman.

Un an après le scandale LuxLeaks qui a révélé que 350 multinationales avaient conclu pas moins de 548 accords secrets avec les autorités fiscales luxembourgeoises, la coalition belge a symboliquement tiré la sonnette d’alarme en faisant sonner des cloches et a demandé sur des pancartes la transparence fiscale pour les multinationales.

Le groupement européen constitué d’une quarantaine de personnes a quant à lui utilisé des sifflets en écho à l’expression «whistleblower» (lanceur d’alerte, littéralement «celui qui souffle dans un sifflet»).

Des règles fiscales nonantenaires

Les manifestants souhaitent que les entreprises communiquent des informations pays par pays («country-by-country reporting» ou CBCR). Cette mesure, actuellement sur la table de la Commission européenne, revient à obliger les entreprises à publier pour chaque pays où elles sont actives, les taxes qu’elles paient et leurs profits. Les ONG insistent pour que ces données soient disponibles publiquement, et non pas uniquement dans les mains des administrations fiscales.

«Les règles fiscales actuelles ont plus de 90 ans et ont besoin d’être réformées, notamment pour correspondre à la réalité de l’économie numérique», défend Leila Bodeux, chargée de plaidoyer pour la campagne Inégalités d’Oxfam-Solidarité. «Les États essaient d’avoir la fiscalité la plus avantageuse possible pour que les multinationales s’installent sur leur territoire. En Belgique, on voit des grandes entreprises ne payer que 2 à 3% d’impôt, alors que le citoyen lambda paie plus de 30%.»