JUSTICE

Procès contre la Scientologie: «Faut qu’il en bave!»

-Belga (Illustration)

Ce lundi, le procès de l’église de scientologie et de 12 de ses dirigeants ou cadres a débuté à Bruxelles. Le tribunal correctionnel est de suite entré dans le vif du sujet.

Le moment fort de cette première audience? L’interrogatoire de Vincent Grognard, un Namurois né en 1967 et installé aujourd’hui à Lausanne.

L’intéressé fut le président du conseil d’administration de l’ASBL Sciento, «ministre ordonné», directeur religieux, superviseur des cours, responsable de deux divisions et de l’éthique, notamment. Il avait aussi la haute main sur les dossiers de personnalité – dits dossiers préclairs – des membres de la secte et il a été particulièrement heurté par la saisie de ceux-ci au cours de l’instruction judiciaire.

Interrogé poliment par le juge et expliquant le chemin spirituel à suivre pour gravir librement les étapes dans la hiérarchie de la scientologie, le prévenu a essuyé une batterie de questions beaucoup plus incisives de la part du procureur fédéral. À propos notamment d’un document signé de sa main qui fait le point sur l’«engagement» de certains adeptes. On y lit que concernant l’un, il faudra lui expliquer pourquoi il doit payer maintenant. Concernant un autre, il s’agit de ne pas le lâcher «jusqu’à ce qu’il signe l’emprunt»! Le président a renchéri avec une autre phrase significative: «Il faut qu’il en bave jusqu’à…»

«Mettre l’eau à la bouche»

Grognard s’est excusé pour le style direct et parfois argotique de ce recueil. Selon lui, faire baver signifie «mettre l’eau à la bouche». Et de préciser que chaque église a son mode de financement propre. De son côté, il a dû parfois faire face à des échéances, sous peine de faillite.

Le mode de financement à Bruxelles était de «faire passer des étapes pour faire progresser les fidèles vers le pont de la liberté totale», a ajouté l’ancien ponte à Bruxelles.

L’audience reprend ce matin.