Arméniens et Kurdes indignés

Une affiche choc, diffusée notamment par internet, rappelle que 2015 est l’année du centenaire du génocide arménien… doc

La visite d’État du président Erdogan irrite les Arméniens et les Kurdes de Belgique. Les premiers diffusent une affiche choc; les seconds parlent de «propagande d’État».

Le gouvernement belge «se déshonore» en mettant à l’honneur «un État dont le fondement est basé sur le génocide, dont les pouvoirs successifs ont continué à contribuer au parachèvement de l’œuvre génocidaire, à savoir la destruction des civilisations et les cultures des peuples autochtones, arménien, assyrien, grec. Une fois terminée sa sale besogne contre les chrétiens, l’État turc s’est tourné vers les autres peuples et croyances, les Kurdes, les Alévis…»

Les mots, très durs, dont de Deminci Ktchik, le président de l’Association des Arméniens démocrates de Belgique, qui qualifie Recep Tayyip Erdogan, de «président négationniste avec des relents dictatoriaux, d’un État négationniste, la Turquie».

Les Arméniens déplorent qu’on lui offre «une tribune prestigieuse qu’est l’Europalia 2015 ( … ), d’autant plus inacceptable en cette année du centième anniversaire du génocide arménien perpétré par la Turquie».

Affiche choc

L’Association des Arméniens démocrates de Belgique a largement diffusé sur internet et les réseaux sociaux une affiche choc pour dénoncer la tribune offerte par la Belgique à Recep Tayyip Erdogan. «Nous l’avons également envoyée par mail aux parlementaires belges», explique Deminci Ktchik.

Nos élus ont reçu un autre courrier sur le même sujet: celui des Kurdes de Belgique. «La Belgique reçoit le président d’un État qui, sous prétexte de lutte contre le mouvement armé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) bombarde les villes et les villages kurdes, où vit une population paisible. Tandis que les journalistes kurdes sont menacés ou emprisonnés. Et que l’opposition parlementaire du HDP est réduite au silence», s’indigne Derwich Ferho.

«Malgré les quelques manifestations culturelles consacrées aux minorités ethniques de Turquie, Europalia n’est rien d’autre qu’une vase opération de propagande d’État, sur le thème: un peuple, un État, un leader» poursuit le président de l’Institut Kurde de Bruxelles, paraphrasant un slogan de la propagande nazie.

Les Kurdes ont manifesté hier soir, place du Luxembourg, à Bruxelles, devant le Parlement européen, qui accueillait le président turc. Mais, pas plus que les Arméniens, ils n’envisagent de cibler Europalia. Pour l’instant du moins.

«Le 24 septembre, avec les Arméniens et avec toutes les minorités de Turquie, nous avons proposé un Europalia alternatif, ouvert à toutes les nationalités, toutes les cultures, et toutes les religions», conclut Derwich Ferho.