FRANCE

Gros porteurs pour transport, débardage…

Gros porteurs pour transport, débardage…

Moyen de transport économique et écologique, un dirigeable comme celui-ci permettra de transporter des charges lourdes et volumineuses avec peu d’infrastructures au sol.

L’utilisation industrielle de dirigeables est en bonne voie. La France, via son pôle Pégase, croit en ces transporteurs gonflés à l’hélium. Défi.

Les premiers dirigeables à charges lourdes, d’une capacité de 60 tonnes, pourraient mobiliser des volumes importants situés sur des sites non accessibles par la route. La sortie du premier prototype est prévue pour fin 2019-début 2020. Bien moins coûteux que l’hélicoptère, ces ballons aux coûts écologiques faibles pourront emporter des charges bien supérieures et plus encombrantes. Comme des pales ou des éoliennes entières (de 250 tonnes), des pipelines, des piles de ponts, des containers remplis de matériel…

Débardeur volant

Mais ces ballons permettraient aussi d’exploiter le bois dans des régions aujourd’hui inaccessibles en transportant ainsi les grumes par la voie des airs. Le revers de la médaille serait le risque d’une exploitation débridée de matières premières aujourd’hui intactes, car toujours inaccessibles.

La France croit depuis 2009 en cette filière industrielle de transport exceptionnel volant; il pourrait générer 10 000 emplois directs et indirects. Elle veut prendre de vitesse ses concurrents Boeing et Zeppelin.

Le programme «Flying Whales» (Baleines volantes), en partenariat avec le centre français de recherche aérospatiale et l’Office National des Forêts, s’est ainsi associé à un consortium d’une quinzaine d’entreprises pour terminer sa première phase de design. Aujourd’hui, le dirigeable transporteur DCL60T en forme de baleine tient «la route»: ses aspects opérationnels sont aboutis. Un accord entre Français et Chinois couvrant la R & D, l’industrialisation et la fabrication du DCL60T vient d’être signé. Il prévoit également la mise en place d’une seconde ligne d’assemblage en Chine; la première devant être très vraisemblablement être implantée en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La Chine a besoin de dirigeables charges lourdes à bas coûts pour s’affranchir d’infrastructures inexistantes dans certaines de ses régions.

Plateformes stratosphériques

Les appareils de transport, d’une capacité d’emport en soute (75 X 8 X 8 m) ou sous élingue de 60 tonnes, permettront de développer des infrastructures dans des secteurs tels que l’énergie et les transports.

Autre utilisation potentielle de ces dirigeables plus légers que l’air, est leur utilisation comme plateformes stratosphériques pour remplir des missions satellitaires à moindres frais (observations, télécommunication,…). À mi-chemin entre drones et satellites, ils pourraient aussi servir d’antennes relais dans les régions difficilement accessibles et mal couvertes. Une nouvelle filière industrielle s’amorce avec ce retour inattendu de l’aérostat.