«Poelvoorde est un fan du livre audio»

Elise Rebiffé

L’image du livre audio destiné aux malvoyants ou aux personnes âgées est aujourd’hui bien dépassée. En voiture, dans le train, durant des travaux ménagers ou de jardinage, pendant votre jogging ou une promenade, rien ne vous empêche de lire le dernier Musso ou de replonger dans l’œuvre de Marcel Proust. Ou plutôt de les écouter…

C’est toute la magie du livre audio, dont le marché a été bouleversé par l’arrivée d’Audiolib en 2008, lancé par Hachette. Valérie Lévy-Soussan est à la tête de cette maison d’édition française qui a amené professionnalisme et moyens financiers dans le monde du livre lu.

À quand remonte le livre audio?

Il y avait les livres-disques ou cassettes avec des histoires enregistrées, souvent pour les enfants. Puis, il y a eu les CD dans les années 80, mais il fallait quasiment un coffret par livre et c’était cher. Avec l’arrivée des lecteurs MP3 et des iPod vers 2006-2007, l’écoute est devenue plus facile. Gallimard a commencé à enregistrer des titres pour adultes, mais surtout des classiques. Nous, on est arrivés en 2008 et on s’est rendu compte que les gens avaient envie d’écouter des romans contemporains. On est donc entrés dans ce marché.

De plus en plus de gens semblent adhérer aux Audiolib.

Oui, il y a une belle progression, notamment en Belgique. Parce que pas mal de libraires et de gens sont conquis, ils se rendent compte que c’est pratique et agréable, facile d’accès. Benoît Poelvoorde, par exemple, est un grand fan du livre audio.

Certains auteurs souhaitent-ils lire eux-mêmes leur livre?

Oui, comme Éric-Emmanuel Schmitt. Là il vient d’enregistrer La fille de feu, qui va sortir dans un petit mois. Mais lui, il fait beaucoup de lecture sur scène. C’est quand même un vrai métier. En général, on préfère les comédiens avec une bonne formation théâtrale ou d’impro. Autre exemple: Pierre Lemaitre, qui a tenu à lire Au revoir là-haut. Ça fait quand même 17 heures, un des plus longs livres lus par l’auteur.

Comment choisissez-vous les comédiens?

En général, c’est le studio d’enregistrement qui nous propose plusieurs voix; puis, on fait un casting sur le texte avec différents types de passages. Et après, on fait le choix du comédien avec le studio. C’est rare lorsque l’auteur intervient dans le casting, sauf s’il veut vraiment s’impliquer.