BELGIQUE

Le kern charge M. Vandeput d’élaborer plusieurs scénarios pour l’armée à l’horizon 2030

Le kern charge M. Vandeput d’élaborer plusieurs scénarios pour l’armée à l’horizon 2030

- BELGA

Le comité ministériel restreint a examiné vendredi, avant l’ultime conseil des ministres précédant les vacances parlementaires, le «plan stratégique» à quinze ans du ministre de la Défense, Steven Vandeput, mais sans trancher définitivement, reportant une décision vers l’automne, couplée à la définition des tâches principales de l’armée belge à l’horizon 2030, a-t-on appris de sources concordantes.

Le «kern» a toutefois convenu que l’accord gouvernemental négocié en octobre dernier par l’équipe du Premier ministre Charles Michel - un texte ambitieux, même si les moyens budgétaires n’ont pas suivi - devait être mis en application.

Les principaux ministres du gouvernement fédéral ont «donné mandat» à M. Vandeput (N-VA) d’élaborer après les vacances, via un «groupe de travail de politique générale» (GTPG) réunissant des représentants de plusieurs cabinets «différents scénarios budgétaires» pour l’avenir de la Défense «en conformité avec l’accord gouvernemental», a indiqué la Défense dans un communiqué.

Ce qui doit se traduire à la fois par un effort de rationalisation au sein de la Défense, mais aussi implicitement par une augmentation à terme des moyens, afin de remplir les engagements contractés par la Belgique principalement au sein de l’Otan, de l’Union européenne, des Nations unies, bilatéralement et multilatéralement.

M. Vandeput a suggéré - en plaçant la barre très haut - de tripler le budget de l’armée d’ici 2030, pour l’amener «dans la moyenne européenne», soit 1,6% du PIB consacré aux «dépenses de défense», la référence au sein de l’Otan, qui réclame 2% de ses membres. Avec les économies décidées par le gouvernement fédéral lors de son entrée en fonction, un creux à 0,83% devrait être atteint à la fin de l’actuelle législature, en 2019.

Les moyens ainsi obtenus, avec des effectifs réduits de 31.000 personnes à 27.000 du fait du non-remplacement de tous les militaires partant à la retraite, permettraient de financer un vaste plan d’investissements.

Mais les discussions sur ce plan au plus haut niveau politique ont pris du retard au fil des semaines et les derniers travaux budgétaires du comité ministériel restreint avaient jusqu’ici empêché l’examen du projet de M. Vandeput par les principaux ministres, en dépit de huit réunions du GTPG. Le kern avait toutefois pris acte le 8 mai dernier du premier chapitre de la vision stratégique du ministre sur l’»environnement de sécurité belge jusqu’en 2030».

M. Vandeput va donc devoir préparer différents scénarios - principalement en termes de «capacités» et donc aussi budgétaires - pour un plan stratégique 2015-2030 destiné à dessiner une Défense «équilibrée qui réponde à l’environnement de sécurité» déjà défini, avec un «équilibre sain entre les frais de personnel, de fonctionnement et d’investissements» ainsi qu’un plan de mise en œuvre et de rationalisation au cours de la présente législature - avec son inévitable lot de fermetures d’installations militaires.

Si au sein de la coalition gouvernementale le MR semble prêt à suivre le raisonnement de M. Vandeput «sur les principes», le CD&V et l’Open Vld sont plus réticents, notamment en termes capacitaires et budgétaires.

«J’ai pleine confiance que nous allons élaborer, après la pause estivale, ensemble avec les partenaires de la coalition, un plan stratégique fort et ambitieux pour le long terme et un plan directeur pour les mesures qui seront encore exécutées lors de cette législature», a souligné M. Vandeput cité par le communiqué. A propos de la réunion de vendredi, il a salué l’atmosphère «constructive et positive» qui prévalait entre les principaux ministres.