TENNIS

Wawrinka a déjoué les plans de l’épouvantail

Wawrinka a déjoué les plans de l’épouvantail

Contre toute attente, c’est Stan «The Man» Wawrinka qui a reçu la Coupe des Mousquetaires des mains du Brésilien Gustavo Kuerten, triple vainqueur à Paris (1997, 2000, 2001). AFP

Novak Djokovic n’était venu que pour elle: la Coupe des Mousquetaires. Il est reparti bredouille. La faute à Stan Wawrinka, impérial.

Incroyable scénario et vainqueur surprise, dimanche, en finale des Internationaux de France 2015. Car contrairement à toute attente, les deux N.1 mondiaux, messieurs et dames, ne se sont pas imposés de concert, Porte d’Auteuil.

Le «petit suisse», Stan Wawrinka, 9e joueur mondial, a, en effet, réussi l’impossible en venant à bout du N.1 mondial Novak Djokovic en quatre sets 4-6, 6-4, 6-3, 6-4 pour remporter son deuxième titre en Grand Chelem après l’Open d’Australie en 2014.

Par sa puissance et sa résistance dans l’échange – il a notamment régné dans les rallyes, domaine où «Djoko» est d’habitude le meilleur –, Wawrinka a fait voler en éclats le jeu du grand favori du tournoi, invaincu depuis 28 matches et pourtant bien parti en début de finale. Quasi-imbattable cette saison, Djokovic n’a donc pas su mettre enfin la main sur le seul trophée majeur manquant à son palmarès, après déjà deux échecs en finale en 2012 et 2014, les deux fois contre Rafael Nadal.

À 30 ans, le Vaudois de Laussanne a ainsi confirmé qu’il fait partie des tout meilleurs et que ses victoires sur Djokovic déjà (en quarts) et sur Nadal (finale), il y a une grosse année à Melbourne, ne tenaient pas du hasard. Pas plus d’ailleurs que ses que ses 10 titres ATP en simples (dont trois cette année, Rotterdam, Chennai et Roland-Garros donc), son or olympique (en double en 2008 à Pékin avec Federer ou son titre en Coupe Davis (2014).

Longtemps dans l’ombre des «quatre fantastiques», dont celle de son illustre compatriote, Roger Federer, Wawrinka a gagné ses galons à force de persévérance et de travail. Avant le tournoi, il pensait assister à la finale à la télé. Deux semaines plus tard, c’est lui qui en a été le protagoniste, égalant même Andy Murray, un autre membre du Big Four, en nombre de «Majeurs» remportés (2).

La demi-finale face à Murray avait laissé des traces

Djokovic était pourtant arrivé à Paris dans la peau de l’épouvantail. Il avait remporté tous les tournois importants depuis le début de la saison sauf celui de Madrid – gagné par Murray – où… il avait fait l’impasse pour se reposer. Mieux: le Belgradois semblait avoir fait le plus dur en balayant Nadal en quarts (tandis que Wawrinka sortait Federer) puis en remportant un match épique en deux jours et cinq manches face à Murray. Ce dernier match a peut-être laissé des traces tant «Djoko» a souffert dans l’échange, hier.

Il a fallu un set au Suisse pour élever son niveau et ne plus se retourner dans cette partie démarrée sur des bases élevées, avec un échange de 39 coups.

Plus incisif, Stan «The Man» a fait craquer «Nole» (qui en a même mis une raquette en pièces!), incapable de conclure alors qu’il menait pourtant 3-0 dans le 4e set. Mais ce n’était pas son jour tandis que Wawrinka était pile à l’heure… suisse pour son rendez-vous avec l’histoire.