Bahar Kimyongür dénonce le signalement de son épouse dans le fichier Interpol

Le militant politique belgo-turc Bahar Kimyongür a annoncé jeudi à l'agence Belga que son épouse Deniz avait été arrêtée le 5 avril dernier à l'aéroport de Zurich (Suisse) à cause d'un mandat d'arrêt international à son nom émis par la Turquie. Le service Interpol de Berne a indiqué aux policiers qu'il ne souhaitait pas la poursuivre et elle a été libérée après seulement une à deux heures. Bahar Kimyongür demande à Interpol la radiation du signalement de son épouse.

Des faits anciens ont été évoqués à la base de son signalement. La Turquie avait initié une procédure judiciaire à la suite de leur interpellation conjointe du ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem au Parlement européen, le 28 novembre 2000. Deniz a bénéficié d'un non-lieu le 16 juillet dernier, pour cause de prescription.

"Il n'y a jamais eu de signalement Interpol contre Deniz à ma connaissance", remarque Bahar Kimyongür. "Elle n'a jamais été arrêtée à une frontière. Il semble donc que ce soit un nouveau signalement. (...) C'est abject de s'en prendre aujourd'hui à ma famille". L'activiste belge a annoncé en décembre qu'il ne se rendrait pas en Turquie pour participer au procès qui devait lui permettre d'être acquitté des charges de terrorisme relatives à ses liens avec le groupe DHKP-C.

Pour rappel, Bahar Kimyongür a été arrêté le 28 avril 2006 aux Pays-Bas et libéré le 4 juillet après 68 jours d'emprisonnement. Il a ensuite été arrêté le 17 juin 2013 en Espagne et libéré sous caution le 20 juin. Le 21 novembre 2013, il est à nouveau arrêté en Italie. Il a passé dix jours en prison avant d'être assigné à résidence. L'Audiencia nacional de Madrid a refusé son extradition en juillet 2014. Le 21 février 2014, Interpol a provisoirement bloqué son signalement et, le 11 mars, la Cour d'appel de Brescia (Italie) a ordonné sa remise en liberté. Sa radiation du fichier d'Interpol a été actée le 22 août dernier. En Belgique, Bahar Kimyongür a été condamné à 4 ans de prison le 28 février 2006 par le tribunal de première instance de Bruges pour appartenance au DHKP-C. Il a été acquitté définitivement le 23 décembre 2009 par la cour d'appel de Bruxelles.