CYCLISME

Alexander Kristoff vraiment le plus fort sur le Tour des Flandres

La 99e édition du Tour des Flandres a été remportée par Alexander Kristoff, ce dimanche.

Ce 99e Tour des Flandres, rempli de soleil et de spectateurs, a véritablement débuté à 48 km de l’arrivée, et donc avant d’aborder le Koppenberg, soit la quatorzième difficulté répertoriée sur ce Ronde. Auparavant, l’échappée matinale avait bien arrangé certaines formations, dont les Lotto-Soudal, qui avaient pu compter sur Lars Bak parmi les attaquants de la journée. Mais les Sky avaient ensuite mis en route, pour opérer un regroupement avant le célèbre Koppenberg. Greipel, le sprinter des Lotto, y joua alors l’équipier modèle en abordant la difficulté devant tout le peloton, manière de rendre la pareille à son leader désigné sur cette course, Jürgen Roelandts. Et comme par un heureux hasard, les cadors se portaient en tête dans ce Koppenberg: Van Avermaet, Roelandts, Degenkolb, Thomas, Terpstra, Devolder, Vanmarcke, Stybar, Sagan, Kristoff.

Autant écrire que la sélection se fit par l’arrière. Dès ce moment, alors qu’il restait 43 km, on savait déjà que ce Tour des Flandres allait se résumer, comme d’habitude, à un combat entre les meilleurs. Avant le Steenbeekdries, Greipel et Chavanel s’étaient ménagé un léger viatique, une dizaine de secondes, alors que, seul devant, Lutsenko (Astana) faisait illusion. Mais, jusque-là, on n’avait encore vu aucun favori mettre le nez à la fenêtre, sinon les Sky, soucieux de contrôler la course.

Dans le Taaienberg, Terpstra se montrait, mais assez timidement, le temps que Van Avermaet lance sa banderille, entraînant dans son sillage Thomas, Stybar et Benoot. Mais ce ne fut que feu de paille, tant la tentative était par trop légère. Alors qu’il restait 35 km, le Kruisberg allait-il opérer une sélection définitive? C’est ce jeune phénomène de Benoot (Lotto) qui emmenait ce qui restait du peloton dans cette 17e bosse, où les BMC étaient particulièrement bien représentés.

Mais Terpstra et Kristoff prenaient alors les devants, alors que Vanmarcke se retrouvait piégé et était lâché. Le tandem de tête comptait alors 16 secondes d’avance sur des poursuivants emmenés par Greipel. Vingt-sept secondes avant le Quaremont: était-ce suffisant ou, derrière, allait-on se montrer capable de réagir?

«J’ai toujours aimé les Flandres»

Vieux Quaremont: le duo de tête l’entamait avec une demi-minute d’avance, mais, derrière, cela bataillait ferme, car une autre sélection s’opérait, sous la houlette de Thomas et de Stybar. Mais le duo n’arrivait à rien, le regroupement s’opérant, alors que, devant, Terpstra et Kristoff n’avaient guère lâché des secondes.

L’avance était de 25 secondes à 15 bornes de l’arrivée, avant la dernière ascension de ce Tour des Flandres, le Paterberg. Une ascension pas trop longue et pas vraiment compliquée pour Kristoff. Derrière, Van Avermaet y allait de son effort, en même temps que Sagan. Le Slovaque ne ménageait pas ses efforts, les deux hommes de tête comptant encore 17 secondes d’avance, malgré le rush, finalement vain, de Sagan et de Van Avermaet.

Vingt secondes d’avance pour le duo Kristoff-Terpstra à 6 km du but: les deux hommes semblaient tenir le bon bout, même si Terpstra se révélait moins généreux dans les relais, conscient qu’il n’avait guère de chance en cas de sprint. Quinze secondes d’avance à un km et demi: la course se jouait au sprint entre Terpstra et Kristoff. Il n’y avait pas photo: Kristoff s’imposait devant Terpstra, Van Avermaet, Sagan et ce phénomène de Benoot, cinquième pour son premier Ronde.

«J’ai toujours aimé les Flandres et s’imposer ici me rend tellement heureux, disait Kristoff. Je ne sais pas si Paris-Roubaix est dans mes cordes, mais laissez-moi savourer, vraiment...» On le comprend: Kristoff, hier, a réussi le doublé Trois Jours de La Panne-Tour des Flandres. Le dernier coureur qui l’avait fait, c’était Ballan, en 2007.