NUCLÉAIRE

Nucléaire: «La probabilité qu’on ait besoin d’un plan d’urgence a augmenté»

Nos centrales moins sûres qu’il y a 15 ou 20 ans? L’ancien directeur des services de sécurité à l’Institut national des radioéléments à Fleurus le pense.
Nos centrales moins sûres qu’il y a 15 ou 20 ans? L’ancien directeur des services de sécurité à l’Institut national des radioéléments à Fleurus le pense.-ÉdA

L’ancien directeur des services de sécurité à l’Institut national des radioéléments à Fleurus sort de sa réserve pour dire son inquiétude sur la situation des centrales nucléaires de Doel et Tihange et l’impréparation des autorités en cas d’incident.

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«Avant, je me disais qu’on ne devrait jamais évacuer. Qu’il fallait un plan d’urgence mais qu’on ne s’en servirait jamais. Aujourd’hui, je ne pense plus cela. La probabilité qu’on en ait besoin a fort augmenté ces dix dernières années.»

Celui qui dit cela n’est pas un anti-nucléaire, loin de là. Antoine Debauche a même fait toute sa carrière dans l’atome. Aujourd’hui, il donne cours à l’UCL avec notamment un cours sur l’évaluation des risques de rejets radioactifs dans l’environnement et sur les plans d’urgence pour les risques nucléaires.

Alors que le ministre de l’Intérieur viendra précisément s’exprimer mardi en sous-commission de sûreté nucléaire sur les fissures aux cuves de réacteurs de Tihange 2 et Doel 3 ainsi que sur la révision du plan d’urgence nucléaire attendu pour début 2016, celui qui fut aussi directeur des services de sécurité à l’Institut national des radioéléments à Fleurus sort de sa réserve.

Oui, le danger d’un incident nucléaire en Belgique est plus important qu’il y a 15 ou 20 ans. Et non, nous ne sommes pas prêts à y faire face, dit-il.

«On n’a pas le droit à un accident car ce serait presque ingérable. Il y a un plan d’évacuation, mais je n’oserais pas le déclencher. On ne s’est jamais vraiment exercé et on n’a pas le personnel suffisant pour gérer ça, ce serait le chaos. »

Une analyse interpellante d’un homme qui ne veut pas cracher dans la soupe mais qui estime que le secteur nucléaire n’est plus géré comme avant. Or, dit-il, «le nucléaire on le fait parfaitement ou on ne le fait pas. »

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