De petits arrangements entre amis ?

Parviendra-t-on, même au terme d’une procédure judiciaire, à démêler l’écheveau? Et à déterminer si, oui ou non, l’académie des magrittes a bel et bien manipulé les votes pour empêcher le seul film réalisé à la marge, sans fonds publics ni apports de producteurs «traditionnels», de remporter une récompense?

Il est, bien entendu, trop tôt pour le dire. Mais suffisamment d’éléments permettent d’entretenir un doute qui doit être levé, quand bien même ne s’agit-il «que» du magritte du premier film.

Parmi ceux-ci, il y a bien sûr la faiblesse d’un règlement qui autorisait chaque internaute qui le souhaitait à voter pour son film favori. Et même pour un film qu’il… n’aurait jamais vu. Plus embêtant: il permettait aux votants de plébisciter… plusieurs fois le même film en créant plusieurs adresses fictives, puisque seules les adresses mail étaient comptabilisées, et non les adresses IP.

Il y a aussi, surtout, la prolongation de la période du vote. Et les interprétations que certaines collusions peuvent laisser entrevoir à travers elle. Le fait que le frère de Philippe Logie, producteur de Je te survivrai, soit directeur des acquisitions à Be tv, partenaire et diffuseur de l’événement, par exemple. Mais aussi que le même Philippe Logie ait travaillé, en son temps, pour Artémis, la société de production d’un certain Patrick Quinet, fondateur de la cérémonie, administrateur de l’Académie André Delvaux et président de l’Union des producteurs francophones. Rien de criminel, peut-être. Mais rien de très transparent non plus.

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