WALLONIE

« Vous vous trompez de priorité », disent les CPAS

La Fédération des CPAS de Wallonie, réunie vendredi en assemblée générale à Namur, a approuvé une déclaration de politique régionale (DPR) «améliorée» qu’elle adressera au gouvernement wallon pour lui signifier qu’il «se trompe de priorité».

Le programme du gouvernement wallon prévoit d’ouvrir la possibilité aux communes et CPAS qui le souhaitent de fusionner, dans un souci d’efficacité et d’économies d’échelle.

Or «la priorité n’est pas au remodelage de la tuyauterie institutionnelle, dont la plus-value sociale et économique est loin d’être démontrée, mais bien à la consolidation de la qualité du service public des citoyens», a martelé Claude Emonts, le président de la Fédération des CPAS de Wallonie, devant quelques centaines de responsables de CPAS.

Ces derniers ont voté à l’unanimité moins deux abstentions une «DPR sociale» qu’ils remettront au gouvernement et aux députés wallons.

Ce document «alternatif» invite à consolider l’autonomie des CPAS et leur primauté en matière de politique sociale locale, par rapport aux collèges et conseils communaux.

«Nous ne sommes pas contre le changement, car nous pratiquons déjà les synergies» à travers des partenariats entre CPAS (association Chapitre XII, Inter-CPAS, clusters, etc), souligne M. Emonts, «mais nous tenons à préserver notre autonomie juridique».

La Fédération propose plutôt aux communes de transférer aux CPAS leurs compétences sociales comme les PCS (plans de cohésion sociale) ou la gestion des ALE (agences locales pour l’emploi), afin de renforcer un organe faisant face à des besoins croissants, notamment l’accueil des exclus des allocations d’insertion.

«Le financement du Fonds spécial de l’action sociale est indigne par rapport au Fonds des communes ou des provinces», s’insurge Philippe Defeyt, président du CPAS de Namur. L’augmentation structurelle de 1% par an est bien éloignée de celle de 3% par an du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS), illustre-t-il.