OUPEYE

Région liégeoise: le gros chantier du Trilogiport est presque terminé

Cette grande plateforme logistique est implantée à proximité de Hermalle-sous-Argenteau.
Cette grande plateforme logistique est implantée à proximité de Hermalle-sous-Argenteau.-

La plateforme logistique prend forme, du côté d’Hermalle-sous-Argenteau. Elle accueillera bientôt un immense pôle multimodal (eau-rail-route), conséquent pour la région liégeoise.

La plateforme multimodale Trilogiport à Oupeye (Liège) sera opérationnelle en octobre 2015, ont annoncé lundi les responsables du projet lors d’une conférence de presse. Plus de la moitié des fonds publics (47 millions d’euros) a été engagée. Les négociations pour l’affectation des terrains portuaires sont en cours.

Un an et demi après le début des travaux, qui avaient débuté en juin 2013, les chantiers du Trilogiport suivent leur cours, tant pour la phase 1 (construction et aménagement de la plateforme multimodale) que pour la phase 2 (construction et aménagement du pont nord et des voiries d’accès).

Le premier tronçon du pont sera d’ailleurs placé le week-end des 24 et 25 janvier tandis que le reste de la finalisation devrait s’achever pour le 12 mai prochain. Quant à la plateforme, elle sera opérationnelle dès octobre 2015.

Ce chantier nécessite un budget public de 47,23 millions d’euros, cofinancé par l’Europe via des fonds FEDER et la Région wallonne. À l’heure actuelle, les travaux ont déjà mobilisé plus de 28 millions d’euros. À ces deniers publics, s’ajoutent des investissements privés, à hauteur de 115 millions d’euros.

Le Trilogiport comportera cinq zones sur un total de 160 hectares: une zone de services, une zone verte d’intégration paysagère, le terminal à conteneurs qui sera géré par Dubai Ports World (troisième manutentionnaire mondial), la zone logistique (dont les halls sont construits par D.L. Trilogiport et Warehouses De Pauw et seront loués à des entreprises) et enfin les terrains portuaires.

L’affectation de ceux-ci n’est pas encore déterminée mais les négociations sont en cours. Cette zone sera réservée aux entreprises apportant de la valeur ajoutée dans le traitement des marchandises transitant par Liège.

Le Trilogiport devrait créer, à long terme, plus de 2000 emplois directs et indirects. Les autorités liégeoises et wallonnes prédisent que l’utilisation accrue de la voie d’eau devrait rendre le transport de marchandises plus fluide et plus écologique.

Un recours au Conseil d’État est toujours pendant

Ces dernières années, le chantier du Trilogiport avait provoqué de vives réactions chez les riverains touchés par la construction de cette plateforme multimodale à Oupeye (Liège). De nombreux recours avaient été introduits et, actuellement, un seul est encore pendant devant le conseil d’État. Le permis pourrait être annulé.

Il avait été introduit par le comité de riverains des Bassi-Mosans et porte sur la validité du permis qui avait été accordé par les autorités wallonnes pour l’aménagement de cette zone de 160 hectares et des voiries y donnant accès.

«Après les fêtes, nous avons reçu le rapport du premier auditeur du conseil d’État, qui recommande l’annulation du permis en se basant sur deux moyens», détaille Me Aurélie Kettels, avocate des riverains.

Cet avis du premier auditeur considère que dans la problématique des voiries, le ministre de l’époque, Benoît Lutgen, était juge et partie. Il avait rejeté de précédents recours au niveau des voiries alors qu’il était aussi l’autorité hiérarchique des communes qui avaient accordé le permis.

La deuxième raison invoquée porte sur les particules fines. Le premier auditeur estime qu’il y a eu des lacunes au niveau de l’étude d’incidence quant à la pollution atmosphérique. «Les riverains sont inquiets et jugent qu’il n’y a pas eu d’analyse suffisante quant à la situation actuelle et le risque d’augmentation des particules fines dans l’air», décrit l’avocate.

Le conseil d’État n’est pas tenu de suivre l’avis de son premier auditeur, bien qu’il le fasse dans la majorité des cas.

«Si le conseil d’État nous donne raison en matière de particules fines et annule le permis, le tir sera difficile à rectifier», précise Me Kettels. «D’autant que l’auditeur nous recommande de poser des questions préjudicielles à la Cour de justice européenne car la Belgique n’a pas transposé une directive européenne en la matière».

L’avocate ajoute que d’autres recours pourraient être introduits si des permis d’environnement devaient être délivrés aux entreprises qui viendront s’installer sur le site.