ASSISES LIÈGE -

Affaire Jarfi: trois des accusés contestent la circonstance d’homophobie

(Photo d’archives) L’un des accusés: Jonathan Lekeu.
(Photo d’archives) L’un des accusés: Jonathan Lekeu.-BELGA

Les différents avocats de la défense ont présenté jeudi après-midi leurs répliques au procès des quatre accusés de l’assassinat d’Ihsane Jarfi. Ils ont contesté la préméditation des faits et même l’intention de donner la mort. A l’exception de Jérémy Wintgens, les accusés ont contesté le caractère homophobe des faits.

Les avocats des différents accusés avaient plaidé des thèses différentes pour défendre leurs clients. Les conseils des accusés avaient tenté de différencier leur degré d’implication dans les faits qui ont entraîné la mort d’Ihsane Jarfi.

Pour Eric Parmentier, Me Balaes et Me Rossi ont contesté la préméditation des faits et l’intention de donner la mort. Selon cet avocat, Ihsane Jarfi serait responsable d’avoir déclenché la colère de son client. «Ce n’est pas l’orientation sexuelle d’Ihsane Jarfi mais ses propos qui ont provoqué la colère d’Eric Parmentier», a soutenu Me Balaes.

La défense d’Eric Parmentier a contesté la circonstance aggravante d’homophobie. Selon Me Balaes, Eric Parmentier a fait partie d’un groupe qui a été dépassé par une folie violente et une escalade. Son intention n’était pas de donner la mort à Ihsane Jarfi. «Il n’a pas élaboré de plan pour qu’Ihsane Jarfi perde la vie», a ajouté l’avocat.

Me Lazar et Me Lecuyer, avocats de Jonathan Lekeu, ont contesté la préméditation des faits, l’intention homicide et la circonstance aggravante d’homophobie. Ils ont minimisé le rôle joué par leur client et l’ont désigné comme un auteur de coups et blessures ainsi que comme complice d’un vol.

Bientôt la délibération du jury

Me Gilissen a rappelé que Jérémy Wintgens reconnaît avoir porté des coups non prémédités et non létaux à Ihsane Jarfi. Il reconnaît une complicité de meurtre parce qu’il est resté sans réaction lorsque Ihsane Jarfi a été abandonné dans un champ. Jérémy Wintgens conteste être homophobe mais il reconnaît que les coups portés à Ihsane Jarfi avaient un caractère homophobe.

L’avocat de Mutlu Kizilaslan a rappelé qu’il conteste l’intention homicide, la préméditation des faits et le mobile homophobe. Cet accusé reconnaît avoir porté deux coups mais il estime ne pas avoir eu d’incidence sur la suite des événements qui ont causé la mort d’Ihsane Jarfi. Me Moureau a rappelé que la loi de défense sociale pourrait être appliquée à son client.

Vendredi matin, les quatre accusés prendront une dernière fois la parole pour se défendre des faits. Ensuite, le président Philippe Gorlé donnera lecture des 110 questions aux jurés et leur fournira des explications sur le déroulement de la délibération. Le jury se rendra ensuite dans un hôtel de Liège pour commencer à délibérer. Selon les meilleures estimations, cette délibération devrait se prolonger jusqu’à lundi.