ASSISES LIÈGE -

Affaire Jarfi: les parties civiles insistent sur la circonstance d’homophobie

(Photo d’archives)
(Photo d’archives)-BELGA

Les différentes parties civiles ont répliqué jeudi matin au procès des quatre accusés de l’assassinat d’Ihsane Jarfi.

Les avocats ont insisté sur le caractère prémédité de l’homicide volontaire d’Ihsane Jarfi ainsi que sur la circonstance aggravante d’homophobie qui constitue le mobile des auteurs de cette agression.

Ihsane Jarfi (32 ans), disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012, avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés de l’avoir assassiné parce qu’il était homosexuel.

Une journée entière a été réservée pour permettre aux différentes parties de présenter leurs répliques après les plaidoiries. La matinée de jeudi a été consacrée aux interventions des avocats des parties civiles. Ceux de Suger Depret, un sexagénaire handicapé qui avait fait l’objet d’une agression en octobre 2011, ont dénoncé le côté manipulateur de Jérémy Wintgens qui a formulé des aveux tardifs et de circonstance. Me de Fabribeckers et Me Grignard ont souligné que cette agression, préalable à celle d’Ihsane Jarfi, témoigne de la gradation toujours croissante de la violence gratuite déployée par Jérémy Wintgens à l’égard de tout un chacun. Jonathan Lekeu a été décrit comme un lapin qui peut se transformer en fauve.

Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations a insisté sur la circonstance aggravante d’homophobie. Me Berbuto a souligné que l’un des mobiles des accusés était bien leur haine à l’égard de l’homosexualité d’Ihsane Jarfi. Face aux arguments de la défense qui a présenté Jonathan Lekeu comme un suiveur, la partie civile a affirmé qu’il n’a pas participé à la scène uniquement par mimétisme mais aussi parce qu’il a adhéré aux valeurs des autres accusés.

Haine de l’orientation sexuelle

Pour l’ASBL Arc-en-Ciel Wallonie, Me Rodeyns a insisté sur la haine déployée par les accusés à l’égard de l’orientation sexuelle d’Ihsane Jarfi. Il a évoqué une déferlante de coups qui a précédé un homicide à caractère homophobe. Il a également dénoncé les faits de détention arbitraire d’Ihsane Jarfi qui se caractérisent aussi par cette circonstance aggravante d’homophobie. «Les accusés sont quatre assassins homophobes et quatre tortionnaires», a soutenu Me Rodeyns.

Pour Me Coste, conseil d’une amie d’Ihsane Jarfi, la défense a injustement tenté de discréditer l’enquête. L’avocate a demandé aux jurés d’écarter les questions relatives à la loi de défense sociale qui concernent l’accusé Mutlu Kizilaslan. Elle a aussi souligné que cet accusé, dans la manière dont il aborde sa religion, considère que l’homosexualité doit être punie de la peine de mort. «Voilà où se trouve aussi l’intention homicide», a-t-elle relevé.

Les avocats du compagnon d’Ihsane Jarfi, Me Kiehl et Me Lemmens, ont dénoncé l’aide indispensable fournie par Jérémy Wintgens. Cet accusé tenterait de minimiser sa culpabilité en se présentant comme un complice mais les parties civiles estiment qu’il doit être déclaré auteur des faits.

Les conseils de la famille d’Ihsane Jarfi, Me Biémar et Me Reynders, ont dénoncé la manière dont les accusés tentent de minimiser les faits, dont les aveux de circonstance de Wintgens.