ASSISES DE LIÈGE -

Affaire Ihsane Jarfi : « Mutlu Kizilaslan était sous influence donc pas conscient »

Mutlu Kizilaslan ne veut pas être interné
Mutlu Kizilaslan ne veut pas être interné-BELGA

Pour comprendre les faits qui sont reprochés à l’accusé Mutlu Kizilaslan, ses avocats ont expliqué qu’il est nécessaire de savoir dans quel état précis il se trouvait à l’époque des faits.

La défense de Mutlu Kizilaslan a affirmé mardi après-midi au cours de sa plaidoirie devant la cour d’assises de Liège que son client souffre d’un déséquilibre mental grave le rendant incapable du contrôle de ses actes.

Par contre, Mutlu Kizilaslan ne souhaite pas être interné et n’a pas autorisé ses avocats à réclamer l’application de la loi de défense sociale. La défense a toutefois précisé, à l’attention des jurés, que la question leur serait soumise.

Me Dorothée Galopin a rappelé qu’il se trouvait dans une période trouble de sa vie. Il avait perdu pied et sa personnalité borderline s’était amplifiée en raison de sa consommation de stupéfiants et d’alcool. Mutlu Kizilaslan avait reçu des soins psychiatriques sous forme d’injections de sédatifs parce qu’il souffrait de troubles psychotiques.

Il était sous influence donc pas conscient

La nuit des faits, après avoir participé à une soirée lors de laquelle il avait fumé de la drogue et consommé de l’alcool, Mutlu Kizilaslan se serait retrouvé sous influence et assommé parce qu’il venait d’absorber.

Son avocate a qualifié cet état de «bad trip». C’est dans ces conditions que Mutlu Kizilaslan avait porté deux coups de poing à Ihsane Jarfi, parce qu’il considérait qu’un musulman ne pouvait pas être homosexuel. Me Galopin a estimé que l’implication de Mutlu Kizilaslan dans la scène initiale ne démontre pas qu’il a participé à tout ce qui a été mis en œuvre par la suite contre Ihsane Jarfi.

L’avocate a affirmé que l’intention homicide ne peut être retenue contre lui parce qu’il n’était pas conscient des événements qui se déroulaient.

Mutlu Kizilaslan a été décrit lors du procès comme un accusé ayant souffert de problèmes psychiatriques. Des spécialistes ont estimé qu’il souffre d’un trouble psychotique grave.

Me Philippe Moureau a souligné lors de sa plaidoirie que son client ne veut pas de l’application de la loi de défense sociale. Mutlu Kizilaslan ne souhaite pas être interné. Mais la défense insinue que le jury pourrait appliquer la loi de défense sociale.

«Nous soutenons que Mutlu Kizilaslan souffre d’un déséquilibre mental grave le rendant incapable du contrôle de ses actes. Mais nous ne sommes pas autorisés à plaider qu’il demande l’application de la loi de défense sociale. La question sera posée mais la défense n’a pas le droit de demander aux jurés de l’appliquer», a expliqué Me Moureau.

Il admet la circonstance d’homophobie

Plus tôt dans la journée, la défense de Jérémy Wintgens avait plaidé pour une qualification des faits qui correspond à un meurtre commis sur Ihsane Jarfi.

Me Jean-Louis Gilissen avait ajouté que, même si son client n’est pas homophobe de nature, les faits qu’il a commis sur Ihsane Jarfi doivent bien être assortis deIl la circonstance aggravante d’homophobie.

Il s’agit de la première fois, depuis l’ouverture du procès, qu’un accusé ou son avocat admet cette circonstance aggravante d’homophobie.

Les répliques des différentes parties auront lieu jeudi.