LIÈGE -

Mort d’Ihsane Jarfi : la défense de Lekeu conteste l’intention de tuer et charge Parmentier

Les avocats de Jonathan Lekeu ont affirmé ce vendredi après-midi devant la cour d’assises de Liège que leur client n’avait pas l’intention de tuer Ihsane Jarfi lorsqu’il lui a porté des coups violents.
Les avocats de Jonathan Lekeu ont affirmé ce vendredi après-midi devant la cour d’assises de Liège que leur client n’avait pas l’intention de tuer Ihsane Jarfi lorsqu’il lui a porté des coups violents.-BELGA

Selon la thèse défendue par la défense de Jonathan Lekeu, son client ne devrait être condamné que pour un homicide involontaire.

Les avocats de Jonathan Lekeu ont affirmé ce vendredi après-midi devant la cour d’assises de Liège que leur client n’avait pas l’intention de tuer Ihsane Jarfi lorsqu’il lui a porté des coups violents. Selon cette thèse, cet accusé ne devrait donc être condamné que pour un homicide involontaire.

Me Jordan Lecuyer et Me Alexandrù Lazar désirent que le jury apprécie la culpabilité de leur client sans tenir compte d’une appréciation générale. Les avocats ont soutenu que la culpabilité des différents accusés doit être individualisée. Ils ont également affirmé que Jonathan Lekeu n’avait pas l’intention de tuer lorsqu’il a porté des coups violents à Ihsane Jarfi. «Dans son esprit, il n’a pas donné les coups qui ont causé la mort d’Ihsane Jarfi», a indiqué Me Lecuyer.

Jonathan Lekeu a été décrit comme un suiveur. C’est par mimétisme, peut-être même avec la volonté d’aider ses modèles, qu’il a adopté le même comportement que les autres accusés. «Il ne représente pas le portrait d’un tueur froid. Il n’a pas la personnalité de quelqu’un qui veut tuer. Mais il est assez stupide pour se mettre dans le sillage de deux meneurs. Eric Parmentier et Jérémy Wintgens étaient ses modèles de virilité. Soumis, collant et entraîné par les autres, il a porté des coups irréfléchis. Il a frappé parce que les autres ont frappé, pour faire comme eux. Mais il ne l’a pas fait pour tuer», a plaidé Me Lecuyer.

La défense a contesté la préméditation en soulignant que c’est Eric Parmentier qui a été le déclencheur des violences, considérant avoir reçu de «sales propositions homosexuelles». Les avocats de Jonathan Lekeu décrivent leur client comme un gamin qui joue à la Playstation. «Il est un type qui se considère comme nul et incapable. Il se situerait à l’opposé de la notion de préméditation.»

Me Lazar a dénoncé la médiatisation de l’enquête et du procès. Pour cet avocat, rien dans le dossier ne démontre que Jonathan Lekeu était animé d’un sentiment homophobe la nuit des faits. Il a dénoncé un acharnement face au désir d’établir dans son chef une culpabilité sur cette circonstance aggravante.

Pour la défense, Jonathan Lekeu a collaboré rapidement à l’enquête et s’est montré fiable aux yeux des enquêteurs. Il avait toujours affirmé qu’il n’avait pas frappé Ihsane Jarfi parce qu’il était gay.

Me Lazar a également soutenu que les coups portés par Jonathan Lekeu ne peuvent être assimilés à des tortures. Selon cet avocat, rien ne permet d’établir que Jonathan Lekeu a eu l’intention et la volonté de torturer Ihsane Jarfi. Il ne serait pas démontré non plus que Jonathan Lekeu a commis des faits de traitements dégradants et inhumains.

La défense de Jonathan Lekeu a enfin estimé que leur client ne doit pas être déclaré coupable en qualité d’auteur d’un vol avec violence sur Suger Depret, un handicapé mental sexagénaire qu’il avait agressé en octobre 2011. Selon Me Lazar, Jonathan Lekeu doit être déclaré uniquement complice de ces faits.

Les débats ont été suspendus pour le week-end. En raison de la grève générale prévue le 15 décembre, il n’y aura pas d’audience lundi. Le procès reprendra mardi à 09h00 par les plaidoiries de la défense de Jérémy Wintgens et de Mutlu Kizilaslan.