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La défense d’Eric Parmentier dénonce une enquête orientée

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--BELGA

L’avocat d’Eric Parmentier a dénoncé vendredi matin devant la cour d’assises de Liège la médiatisation trop importante de l’affaire et a affirmé que le principe de la présomption d’innocence a été bafoué.

Les réactions du monde institutionnel et politique auraient influencé l’orientation de l’enquête. La défense d’Eric Parmentier a contesté l’intention homicide et la qualification homophobe des faits.

Ihsane Jarfi (32 ans), disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012, avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés de l’avoir assassiné parce qu’il était homosexuel.

Eric Parmentier était le chauffeur de la voiture dans laquelle Ihsane Jarfi a été embarqué. Cet accusé a aussi reconnu qu’il a été le premier à porter des coups à la victime parce qu’il n’avait pas accepté de recevoir une proposition homosexuelle. Son avocat, Me Luc Balaes, a annoncé que son client regrette profondément les faits et a réalisé la portée de son acte. Il a reconnu dès son arrestation une réaction excessive mais a contesté le caractère homophobe de son geste. Selon son avocat, Eric Parmentier n’avait pas connaissance de la portée exacte des coups portés à Ihsane Jarfi et de l’issue fatale de la scène.

«Le dossier est lourd et les images sont dures. Eric Parmentier admet avoir frappé le premier. Il a pris ses responsabilités en le reconnaissant. Mais il conteste être un assassin. Il conteste avoir voulu tuer Ihsane Jarfi et il conteste la circonstance aggravante d’homophobie», a plaidé Me Balaes.

Selon la défense, la médiatisation excessive de l’affaire a bafoué le principe de la présomption d’innocence dès le début de l’enquête. L’avocat a relevé les propos de Joëlle Milquet, alors ministre de l’Intérieur, qui évoquait «une nouvelle forme abjecte de haine envers la différence». Mais aussi ceux d’Elio Di Rupo, alors Premier ministre, qui criait «halte aux insultes et aux agressions homophobes» et annonçait des rencontres avec les associations de défense, et ceux du bourgmestre de Liège qui a inauguré une stèle sur laquelle il était mentionné «un enlèvement et un assassinat».

«On a voulu faire de ce procès un procès emblématique. Dès le début de l’enquête, il fallait tout faire pour que les accusés soient considérés comme des assassins et que cette circonstance aggravante soit retenue», a dénoncé l’avocat en soulevant l’influence de ces événements sur la neutralité de l’enquête et du jury.

Selon Me Luc Balaes, le jury devra principalement déterminer si Eric Parmentier a véritablement eu l’intention de tuer Ihsane Jarfi lorsqu’il lui a porté des coups. «Eric Parmentier conteste cette intention homicide ainsi que le caractère prémédité de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés», a souligné l’avocat.