ASSISES LIÈGE -

Affaire Ihsane Jarfi : Arc-en-ciel a dénoncé le sadisme des accusés

Les dernières parties civiles ont plaidé jeudi matin devant la cour d’assises de Liège au procès des quatre hommes accusés de l’assassinat d’Ihsane Jarfi. L’avocat d’Arc-en-ciel Wallonie a dénoncé la haine profonde des accusés envers l’homosexualité et le sadisme qu’ils ont mis en œuvre lors de l’assassinat d’Ihsane Jarfi.

L’Asbl Arc-en-ciel Wallonie est la dernière partie civile constituée. Me Pascal Rodeyns a décrit lors de sa plaidoirie l’homosexualité et la manière dont Ihsane Jarfi vivait son orientation sexuelle. Pour cet avocat, Ihsane Jarfi vivait dans un monde coloré et ouvert. Il assumait pleinement son homosexualité.

«Etre gay, c’est d’abord appréhender pendant des années la souffrance de se sentir différent. Mais Ihsane Jarfi avait traversé le chemin de l’acceptation. Il avait combattu la peur de faire souffrir et d’être rejeté. Auprès de ses proches, il s’était dévoilé en douceur et en sensibilité, à pas feutrés. Peu à peu, il s’est épanoui et il a remporté ce combat sur lui-même. Il a mené ensuite une vie dans laquelle il s’assumait pleinement. Mais sa vie ne se résumait pas à être homosexuel», a décrit l’avocat.

Pour l’avocat, les accusés ont pourtant réduit Ihsane Jarfi à deux lettres: «PD». Me Rodeyns a soutenu que Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier étaient à l’affût d’un mauvais coup. Ils ont, selon lui, commis un assassinat. «C’était un massacre méthodique et froid! Les quatre accusés avaient une haine puissante au corps. Une de ces haines profondes qui ne se calme pas, qui continue froidement et qui se normalise en eux. Ils sont passé de la fureur à la cruauté et au sadisme. Lors de son agression, Ihsane Jarfi était devenu leur jouet», a déploré Me Rodeyns.

Pour cet avocat, il n’existe aucune méprise sur la motivation des accusés. Ils se sont immobilisés volontairement devant un bar gay pour embarquer la victime. Ils étaient dans une logique agressive et étaient animés d’un sentiment de supériorité le soir des faits. Leur motivation était d’en découdre.

Le conseil d’Arc-en-ciel Wallonie a comparé le comportement des accusés à celui de quatre félins qui ont attaqué une souris. Ils ont joué avec lui, l’ont fait parler puis l’ont massacré. «Le déshabillage dont Ihsane Jarfi a été victime stigmatise ces crimes de haine à l’égard d’un homosexuel. Pire encore, (les accusés) ont estimé qu’Ihsane Jarfi n’était pas digne d’une mort propre à leurs yeux. Ils l’ont méprisé au point de le laisser agoniser pendant plusieurs heures», a encore dénoncé Me Rodeyns.

Le ministère public présentera son réquisitoire ce jeudi après-midi.