JUDICIAIRE -

Affaire Ihsane Jarfi: Wintgens et Lekeu avaient déjà agressé un déficient mental

Jonathan Lekeu (à gauche) et Jérémy Wintgens (à droite).
Jonathan Lekeu (à gauche) et Jérémy Wintgens (à droite).-BELGA

La victime d’une agression commise par Jérémy Wintgens et Jonathan Lekeu a été entendue mardi après-midi devant la cour d’assises de Liège. Cet homme de 63 ans, un déficient mental lourdement handicapé, avait été embarqué et dépouillé en octobre 2011 par ces deux accusés.

Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont principalement accusés de l’assassinat d’Ihsane Jarfi. Mais les accusés Wintgens et Lekeu répondent aussi d’un vol avec violences commis sur Suger Depret. Ce déficient sexagénaire avait été violemment agressé la nuit du 4 au 5 octobre 2011 à Liège après avoir été embarqué dans une voiture.

Cet homme, désormais âgé de 63 ans, présente une déficience mentale importante. Son langage est peu élaboré et son déficit est perceptible dès le premier contact. Suger Depret vit depuis 30 ans avec sa sœur. Il présente une grande immaturité et pense comme un jeune enfant de 10 ans. Ses activités sociales de l’époque consistaient à aider les forains de la foire d’automne de Liège ou du Marché de Noël. Cela lui offrait de petits gains et un sentiment d’utilité.

Une psychologue qui a évalué l’impact des faits commis sur sa personne a relevé que cet homme s’est trouvé dans un état de choc assez important à l’issue des faits. Il était angoissé et culpabilisait d’avoir fait du stop.

Suger Depret s’est énervé lorsqu’il a été invité à témoigner devant le jury. Il a d’abord imploré le président d’arrêter de lui poser des questions relatives aux faits. A plusieurs reprises, il a voulu quitter la salle et interrompre sa déposition car il n’apprécie pas du tout de devoir se remémorer ce mauvais souvenir.

Suger Depret a rapporté que, le soir des faits, il faisait de l’autostop pour rentrer chez lui. Il a vu arriver la BMW de Wintgens et Lekeu, qui ont proposé de le reconduire chez lui. «Mais j’ai vu dans le miroir leur regard qui n’était pas gentil. Ils n’allaient pas vers chez moi. J’ai caché l’argent que les forains m’avaient prêté dans ma chaussette pour éviter qu’ils le volent. Ensuite, le conducteur a dit qu’il allait me faire mon affaire», a détaillé la victime.

L’homme a été conduit dans les bois de Seraing. Jérémy Wintgens l’a frappé dans le ventre et dans le dos tandis que Jonathan Lekeu lui a fouillé les poches. Les deux accusés lui ont dérobé un portefeuille, un téléphone, ses lunettes et des clés. Suger Depret a ensuite été abandonné sur place. Effrayé par ce qu’il venait de vivre, il s’est encore caché des voitures qui auraient pu venir à son secours, de peur de croiser encore ses agresseurs.

La sœur de Suger Depret a précisé que son frère est un homme qui ne perçoit pas le danger. Dans le milieu des forains, il est surnommé «Tonton». Les forains l’apprécient car il accepte toujours de réaliser des petits travaux que personne d’autre ne veut faire.

Les derniers témoins du procès seront entendus mercredi matin.