JUSTICE -

Ihsane Jarfi avait bien tenu des propos crus le soir des faits

Ihsane Jarfi aurait bel et bien fait des propositions à caractère homosexuel à ses agresseurs.
Ihsane Jarfi aurait bel et bien fait des propositions à caractère homosexuel à ses agresseurs.-IMAGEGLOBE

Une enquêtrice qui avait travaillé sur l’audition d’un témoin lors de la disparition d’Ihsane Jarfi a confirmé ce jeudi en début d’après-midi que ce témoin a bien fait état de propos grivois prononcés par Ihsane Jarfi dans les heures qui ont précédé sa disparition.

Lors de sa comparution devant la cour d’assises, ce témoin avait annoncé qu’Ihsane Jarfi lui avait fait, quelques heures avant sa disparition, une proposition non équivoque à caractère homosexuel dans des termes très crus et vulgaires. Ce sont ces termes crus qu’Ihsane Jarfi avait identiquement utilisés quelques heures plus tard lorsqu’il avait rencontré ses agresseurs.

Après sa comparution devant la cour d’assises, le témoin avait été suspecté d’avoir réalisé un faux témoignage. Les termes crus utilisés dans le cadre de son témoignage ne se retrouvaient pas dans sa déposition initiale. Le témoin avait alors affirmé qu’une enquêtrice avait mal acté ses propos. Dans le cadre d’un présumé faux témoignage, il encourait des poursuites et une sanction pénale importante.

Convoquée en urgence, l’enquêtrice concernée par la rédaction de ce procès-verbal a dédouané le témoin. Elle a confirmé que les termes employés par le témoin avaient été édulcorés. Mais elle a replacé cet incident dans le contexte réel de l’enquête. Cette déposition avait été réalisée le 29 avril 2012, dans le cadre de la disparition d’Ihsane Jarfi. Les policiers étaient à la recherche d’informations permettant d’élucider cette disparition et d’identifier des auteurs éventuels.

«Peur de dire du mal d’Ihsane Jarfi»

Ce témoin, un homosexuel qui cachait son orientation à ses proches, avait accepté de témoigner pour révéler des informations mais avait insisté pour que ses propos soient édulcorés. Sans savoir qu’Ihsane Jarfi était mort, il n’avait pas osé salir sa mémoire en rapportant les propos prononcés de manière grivoise. C’est pour cette raison que la policière avait accepté d’édulcorer ses déclarations et de ne retenir que leur sens, dans des termes moins vulgaires.

«Le témoin avait peur de dire du mal d’Ihsane Jarfi car, à ce moment, il était porté disparu et n’avait pas encore été retrouvé. La démarche de ce témoin était d’aider l’enquête et de parvenir à identifier une voiture et ses occupants», a confirmé l’enquêtrice.

Selon l’enquêtrice, cette démarche réalisée à la demande d’un témoin, n’avait aucune influence sur le sens de l’enquête axée sur les recherches. Certaines parties présentes au procès ont néanmoins reproché à la policière de ne pas avoir signalé cette nuance dans une note interne.