LIÈGE -

Ihsane Jarfi n’était pas ivre lorsqu’il a été agressé

Un expert en toxicologie a précisé qu’Ihsane Jarfi n’était pas sous l’influence de stupéfiants lorsqu’il a été agressé.
Un expert en toxicologie a précisé qu’Ihsane Jarfi n’était pas sous l’influence de stupéfiants lorsqu’il a été agressé.-IMAGEGLOBE

Assassinat d’Ihsane Jarfi: le procès a repris. La victime n’était ni en état d’ivresse ni sous influence de stupéfiants.

Le procès de Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Éric Parmentier, accusés de l’assassinat d’Ihsane Jarfi, a repris ce mardi matin devant la cour d’assises de Liège. Un expert en toxicologie a précisé qu’Ihsane Jarfi n’était pas sous l’influence de stupéfiants lorsqu’il a été agressé. Il présentait une imprégnation alcoolique mais n’était pas en état d’ivresse.

Ihsane Jarfi (32 ans), disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012, avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Nandrin. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Éric Parmentier sont accusés de l’avoir assassiné parce qu’il était homosexuel.

L’expert en analyses de toxicologie Corinne Charlier a détaillé les recherches qui ont été effectuées après la découverte du corps pour mesurer la présence de produits stupéfiants ou d’alcool dans le corps d’Ihsane Jarfi. Ces analyses toxicologiques ont été réalisées sur le sang, l’urine et les viscères de la victime.

Une très faible quantité de produit de dégradation du cannabis a été retrouvée dans l’urine d’Ihsane Jarfi. Cette quantité, de 43 microgrammes, correspond à une consommation qui remontait à plusieurs jours avant les faits. Selon l’expert, cette consommation n’a pas eu d’influence sur le comportement d’Ihsane Jarfi la nuit des faits.

Dans le sang de la victime, la toxicologue a identifié la présence d’alcool à une concentration de 0,51 gramme par litre de sang. Cette mesure a été réalisée 9 jours après le décès d’Ihsane Jarfi. Un phénomène de fermentation s’est cependant produit à la suite du décès. Les calculs réalisés par l’expert en toxicologie ont permis de démontrer qu’Ihsane Jarfi présentait au moment de son décès une alcoolémie de 0,21 gramme par litre de sang.

Par contre, l’enquête et les expertises ont démontré qu’Ihsane Jarfi a agonisé durant une période de 4 à 6 heures. Durant cette période, l’alcool s’est métabolisé dans son corps. Selon les calculs de l’expert, Ihsane Jarfi présentait alors une alcoolémie approximative d’un gramme par litre de sang au moment des faits.

«Il s’agit de l’équivalent de 3 unités d’alcool, soit trois verres de bière ou de vin. Il présentait une imprégnation alcoolique mais ne se trouvait pas en état d’ivresse. Ihsane Jarfi devait se trouver dans un état comparable à l’euphorie. Il avait probablement une plus grande facilité de langage, un sentiment d’euphorie et une désinhibition. Mais il ne se trouvait pas dans une alcoolémie qui engendre des effets inhibiteurs ou d’endormissement», a analysé la toxicologue.

Par contre, a relevé l’expert, les gens qui ont croisé le chemin d’Ihsane Jarfi ont pu croire qu’il était en état d’ivresse en raison de différents signes comportementaux.