ASSISES LIÈGE -

Affaire Ihsane Jarfi: un témoin suspecté de faux témoignage

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--BELGA

Un témoin entendu vendredi après-midi devant la cour d’assises de Liège au procès de Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier est suspecté d’avoir réalisé un faux témoignage.

Dans le cadre de sa comparution, il a affirmé qu’il avait fait l’objet de propositions homosexuelles de la part d’Ihsane Jarfi, mais cette déclaration ne correspond pas à ce qu’il avait dit durant l’enquête.

Le dimanche 22 avril, Ihsane Jarfi avait fréquenté l’Open Bar, un établissement fréquenté essentiellement par des homosexuels. C’est devant cet établissement qu’il avait été embarqué par ses agresseurs. Les circonstances de sa disparition, suivie de son homicide, ont été éclaircies vendredi devant les jurés.

Plusieurs témoins ont décrit la soirée qui s’était déroulée avant qu’Ihsane Jarfi ne quitte le bar. Un de ces témoins a affirmé, au cours de l’audience, qu’Ihsane Jarfi lui avait fait des propositions homosexuelles dans des termes graveleux. Ces termes étaient identiques à ceux qu’un des accusés avait évoqué en début de procès pour justifier son déchaînement de violences. La déclaration initiale de ce témoin, devant les enquêteurs, ne faisait pas état de ce genre de proposition.

Le témoin est suspecté d’avoir réalisé devant la Cour un faux témoignage. Il aurait pu tirer ses révélations d’informations qui lui ont été rapportées par les médias ou par des personnes qui ont assisté au début du procès.

Le président Philippe Gorlé a rappelé au témoin qu’un faux témoignage devant la cour d’assises est susceptible de faire l’objet de poursuites et d’une sanction qui peut aller de 5 à 10 ans de prison. Malgré cet avertissement, le témoin a maintenu les révélations effectuées devant la Cour. Il a soutenu qu’une enquêtrice a mal acté ses propos lors de l’enquête. L’incident a été acté par la greffière et pourrait éventuellement faire l’objet de poursuites ultérieures.