COUR D’ASSISES DE LIÈGE

Les accusés nieront tout acte homophobe

Me Jean-Louis Gilissen, qui défend Jérémy Wintgens.
Me Jean-Louis Gilissen, qui défend Jérémy Wintgens.-BELGA
Les avocats des quatre accusés de l’assassinat d’Ishane Jarfi ont déjà annoncé que leurs clients nieront tout acte homophobe.

Après la lecture de l’acte d’accusation du procès des quatre meurtriers présumés d’Ihsane Jarfi, c’était au tour des avocats de la défense, ce lundi après-midi, d’exprimer au jury leurs actes de défense respectifs. Il s’agit en quelque sorte d’annoncer la couleur, de présenter la manière avec laquelle ils vont chacun assurer la défense de leur client.

Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Éric Parmentier sont accusés d’avoir commis l’homicide d’Ihsane Jarfi, durant la nuit du 21 au 22 avril 2012, avec intention de donner la mort et préméditation, la circonstance aggravante d’homophobie étant également retenue.

Les quatre reconnaissent avoir été présents dans la voiture qui a emmené la victime cette nuit-là et impliqués dans l’expédition. Certains reconnaissent avoir porté des coups à la victime, tout en niant porter la responsabilité principale. L’une des difficultés de ce long procès, précisément consistera à dégager et départager les responsabilités, tout en déterminant si les qualifications suivantes peuvent être retenues à l’encontre d’un ou plusieurs accusés: intention de donner la mort, préméditation et circonstance aggravante d’homophobie.

Me Philippe Moureau, un des deux avocats de Mutlu Kizilaslan, a insisté sur le fait qu’il fallait se méfier «du danger de vouloir à tout prix mettre les quatre accusés dans le même sac», affirmant que son client «a exprimé à plusieurs reprises qu’il est désolé, qu’il n’a jamais voulu, jamais imaginé la fin tragique». L’avocat a rappelé que son client a par le passé été en proie à des troubles psychiatriques. Il pourrait donc réclamer l’internement de son client plutôt qu’une condamnation pénale.

«Un phénomène complexe»

Me Gilissen, avocat de Jérémy Wintgens, a pour sa part évoqué «un phénomène complexe, un phénomène de groupe» pour qualifier les faits. «Ils n’ont pas tous fait la même chose, nous devrons voir qui a fait quoi et essayer ensemble de comprendre ce qu’il s’est passé.» Me Gilissen en appelle à strictement s’en tenir aux faits. «Par exemple, il est admis par tous que la victime n’a pas été enlevée, mais est entrée volontairement dans la voiture. Les accusés ont des versions différentes: “j’étais là mais je n’ai pas frappé”, “j’ai frappé mais un petit peu”, “j’ai beaucoup frappé”… Tout cela est difficile, complexe et délicat.»