PRO LEAGUE - 16e journée

Lumanza: «Ça m’a touché plus que je ne le croyais»

Alors qu’il espérait simplement être repris avec le noyau A cette saison, Lumanza a déjà pu savourer six titularisations en championnat.
Alors qu’il espérait simplement être repris avec le noyau A cette saison, Lumanza a déjà pu savourer six titularisations en championnat.-BELGA

Tortol Lumanza raconte la façon dont il a vécu un début de saison qui l’a vu passer du terrain à la tribune en quelques jours. Et comment Ivan Vukomanovic l’a relancé.

Bonne surprise du début de saison, Tortol Lumanza avait disparu de la circulation, une fois le mercato du Standard achevé. Après un mois d’août qui l’avait vu être titulaire à six reprises, le jeune médian central des Rouches était passé aux oubliettes, entre le banc et les matches avec les Espoirs, puisque, dans les deux mois suivants, il avait dû se contenter de trente petites minutes de jeu à Heist, en Coupe de Belgique, mais n’était plus monté sur le terrain une seule fois en championnat… et n’était même plus repris pour certains matches.

C’est l’arrivée aux commandes de Vukomanovic qui a relancé celui qui avait épaté beaucoup de monde par son assurance en début de championnat. «En août, quand j’étais titulaire, je savais que ça ne durerait pas toute la saison, explique-t-il. Mais pourtant, me retrouver sur le banc après cette période, ça m’a touché plus que je ne le pensais. Quand tu goûtes au terrain, et, surtout, que tu penses pouvoir apporter quelque chose à une équipe qui ne tourne pas bien, c’est encore plus dur. Pourtant, je l’avais senti venir. C’était clair que François (Marquet) et moi, on était là parce que Julien (de Sart) et Adrien (Trebel) étaient blessés

Mais Tortol Lumanza ne s’attendait probablement pas à ce que Roland Duchâtelet, qui avait prolongé son contrat jusqu’en 2016 cet été, transfère Enoh et Faty dans la dernière quinzaine du mercato. «Oui, ce n’était pas évident de voir ça, reconnaît-il aujourd’hui. Je me demandais quel message cela signifiait. Je savais que je devais attendre une blessure, ou le malheur de quelqu’un d’autre pour être repris. C’était difficile. Heureusement, certains joueurs avec qui je m’entends bien m’ont soutenu. Polo (Mpoku), surtout, m’a dit qu’il était aussi passé par là et que dans le foot, il fallait s’arracher.» Le mot n’est pas forcément une évidence pour un garçon qui a conscience de «donner l’impression d’être nonchalant » et ne manque pas de talent.

La prise de pouvoir de Vukomanovic a rebattu les cartes: «Il y a eu ce match contre Séville, où il était prévu que je sois titulaire, avant que le coach (Vukomanovic) ne change d’avis pour des raisons tactiques. Polo m’a dit: “Tu vois, ça peut aller vite dans le foot. ” Et ça a constitué un déclic. Je me suis préparé pour les matches suivants en me disant que j’allais peut-être recevoir ma chance

«Saint-Trond, au départ, ce n’était pas vraiment attirant»

Ce qui a vite été le cas, donc. «Pour moi, ma saison est déjà réussie », n’hésite-t-il pas à dire, après ce retour en grâce qui le ravit et lui permet de ne pas connaître une nouvelle déception, comme celle vécue il y a un peu plus d’un an. Arrivé à Sclessin en provenance du GBA en 2010, l’Anversois d’origine congolaise sortait du stage estival 2013 avec l’impression «d’avoir fait une bonne préparation et de pouvoir rester dans le groupe A» de Luzon. Mais c’est la route de Saint-Trond qui lui était indiquée par Roland Duchâtelet, sous la forme d’un prêt. «La D2, ce n’était pas vraiment attirant. Si Yannick Ferreira, le coach, ne m’avait pas appelé lui-même, je ne pense pas que j’y serais allé. Au final, je suis content d’avoir découvert un autre côté du foot, où il n’y a pas que le talent, mais aussi le physique et la mentalité qui comptent. J’ai fait de bonnes et de moins bonnes choses, mais j’ai joué contre des adultes

Passé par le poste d’avant-centre durant sa formation, au GBA et à Anderlecht, Lumanza évoluait à Saint-Trond sur le flanc droit, puis comme médian offensif, avant d’être replacé dans l’axe par Guy Luzon.

Vukomanovic est tombé sous le charme. «Il ne m’a pas parlé ni donné de consigne spécifique, explique pourtant Lumanza. Quand il a repris l’équipe, il a fait passer un message de plaisir et de confiance.» Juste ce qu’il fallait pour relancer le jeune joueur qui frappera vite à la porte de l’équipe nationale espoir s’il poursuit sur la même voie.