Ficelle émotionnelle

-EdA - Jacques Duchateau

Le monsieur avec sa grosse cravate bleu et jaune vient boire dans votre café, mordre dans votre sandwich, siphonner votre coca.

Slogan: «le gouvernement MR N-VA supprime l’indexation de votre salaire». Le PS a décidé d’utiliser les grosses ficelles émotionnelles du marketing et de la publicité. C’est le pain qu’on retire de la bouche de nos enfants. C’est simple, choquant, efficace. Et c’est emballé dans des petites vidéos du genre de celles qui se refilent comme des petits pains sur les réseaux sociaux. Aucune mention «PS» à la clé. La propagande est particulièrement bien orchestrée.

C’est un pas de plus, un jalon supplémentaire dans le climat de tension sociale qui ne cesse de monter. Jour après jour, l’espace médiatique francophone est saturé par ce qui se passe au fédéral. Entre deux uppercuts bien placés dans les dents, il n’y a plus un temps mort, plus un espace pour souffler, se poser, analyser, réfléchir. Notons que les politiques, tous, ont montré l’exemple de la violence la semaine passée en s’injuriant copieusement.

Notons aussi que pendant que la Wallonie se déchaîne, la Flandre vaque à ses occupations. «La drache de l’austérité» s’abat pourtant tout autant sur eux. La Flandre soulève à peine une paupière. Le sp.a prenait note hier de la campagne d’un PS qui n’a même pas cherché à s’associer avec son «parti frère». Soit. L’objectif, dit le PS, est d’informer de la manière la plus directe possible les citoyens. L’objectif est sans doute aussi de réagir vite et fort, ne pas laisser retomber l’émotion des Wallons qui tremblent d’être dirigés par la N-VA. À la guerre comme à la guerre, et c’est la guerre, on ne s’embarrasse pas de trop de détails ou nuances.

Mais pendant ce temps-là, que se passait-il donc au conseil communal de Charleroi, lundi soir? Le socialiste Paul Magnette devait faire face à 500 agents en colère, qui n’acceptent pas des menaces de licenciements. Le bourgmestre a évoqué un taux d’absentéisme trop élevé à la ville de Charleroi. Le ton est monté. Il a alors expliqué qu’il ne fallait pas «faire du sentimentalisme trop larmoyant»

Voilà. L’émotion, on la gardera pour le gouvernement fédéral qui vient voler dans notre portefeuille. Pas pour les licenciements ou les non-remplacements de fonctionnaires que le PS décide.