Une merveille d’animation pour raconter l’évolution du corps de la femme et des regards qu’il suscite

Le court-métrage « Sidewalk » explore en quatre minutes la relation qu’une femme entretient avec son enveloppe corporelle tout au long de sa vie.

De l’enfance à la vieillesse, de l’adolescence à la grossesse, comment raconter avec sensibilité et justesse l’évolution du corps de la femme ?

En assemblant patiemment un court-métrage d’animation d’une justesse désarmante, tranche la New-Yorkaise Celia Bullwinkel.

Son film de quatre minutes « Sidewalk » écume les festivals depuis 2013.

Sa griffe : être capable d’évoquer dans la foulée les regards et les réactions que suscite l’enveloppe corporelle féminine tout au long du voyage d’une vie.

«

L’idée du film vient de mon expérience de femme qui compose avec ceux qui la sifflent dans la rue.

»

- Comment est née l’idée de « Sidewalk » ?

L’idée du film vient de mon expérience de femme qui compose avec ceux qui la sifflent dans la rue.

De ce point de départ, cela a ensuite évolué vers une exploration plus nuancée de comment une femme se perçoit à différents stades de sa vie.

Le film pose des questions comme : dans quelle proportion son bonheur dérive-t-il des regards extérieurs ? Comment apprend-t-elle à trouver le bonheur au sein de ce canevas ?

Les stades de l’adolescence traversés par l’héroïne sont en grande partie basés sur ma vie. Je n’ai pas tout de suite embrassé la voie de la féminité et ce manque d’assurance m’a poussé à me cacher.

- Quelles sont les réactions récoltées depuis que votre film a débuté sa carrière ?

« Sidewalk » a suscité tant de conversations en ligne, sur les problèmes sociaux, le sexe, l’âge, la grossesse, l’acceptation de son corps et, à ma grande surprise, sur la religion.

C’est à la fois fantastique et une leçon d’humilité de constater que des gens prennent du temps sur leur routine quotidienne pour écrire comment un court-métrage les a touchés.

- Est-ce que les femmes et les hommes réagissent différemment au parcours de votre héroïne ?

Hommes et femmes trouvent le film pertinent, mais je reçois les critiques de quelques hommes qui se demandent pourquoi il n’existe pas une version masculine de l’histoire.

D’autres trouvent qu’il n’y a pas assez de personnages masculins positifs.

Evidemment, ce film ne parle pas des hommes du tout, parce qu’il explore la relation d’une femme avec son corps.

- Envisagez-vous une sorte de suite qui raconterait l’histoire d’un garçon?

Je serais curieuse de voir un homme s’emparer du sujet.

« Sidewalk » est quelque chose de très personnel et la journée d’un garçon n’est pas une histoire que je peux raconter.

Cela serait toutefois une histoire intéressante à voir. Vieillir et accepter son corps touchent certainement les hommes aussi.

Suivez notre page Culture sur Facebook