MUSIQUE - SESSION ACOUSTIQUE

Live buzz - Kris Dane rend son étoile de shérif

Le Bruxellois Kris Dane rengaine les colts. Ni country, ni rock, le joli «Rose of Jericho» et ses violons effacent son image de cow-boy.

Ne dites plus à Kris Dane que sa musique fleure bon la piste de terre, les graminées battues par les vents et le crottin de cheval. Même s’il le titre Rose of Jericho, le nom vernaculaire d’une fougère mexicaine, qu’on trouve aussi au sud des USA. Le cow-boy bruxellois en a soupé des étiquettes americana. Et s’énerve un peu qu’on le réduise à la guitare folk et aux santiags. Alors il dégaine.

«Toute la drum and bass n’est pas composée dans des caves. Si? Ni toute la country à la campagne. Cet album sonne de façon très particulière, très fraîche. Et j’espère qu’il sera perçu comme ça aux USA. J’voulais du groove. Des cordes. Pour moi, ce mélange de guitares, de violons, de percussions n’est comparable à rien d’autre

Kris Dane nous a offert une belle session acoustique de trois titres, dans le grand studio de nostalgie. Le premier titre, True desire, dans notre première vidéo ci-dessus.

 

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En tout cas, le dernier chapitre de la trilogie commencée avec le sombre Songs of Crime and Passion en 2007 puis l’admirablement titré Rise & Down of the Black Stallion de 2008 ne sonne pas belge. «C’est quoi le son belge? Quand j’étais jeune, à Anvers, on regardait au-delà du port, de l’autre côté du Channel ou de l’Atlantique. On écoutait Tom Waits, Leonard Cohen. Là-bas, t’as tout: les grandes villes, la plaine, le désert. Moi, mes enfants vont à l’école à Bruxelles. Alors j’habite à Bruxelles. Mais je pourrais partir.»

Deuxième titre, Golden rain, ci-dessous :
 


Pour ce vallonné Rose of Jericho, Kris Dane a épinglé l’étoile de shérif sur le gilet de Chris Elliott. L’arrangeur du Back to Black d’Amy Winehouse et des deux derniers Adèle a écrit les violons d’un disque pour lequel il a eu «le coup de cœur ». L’Anglais a ensuite enrôlé son pote Tom Elmhirst, mixeur plusieurs fois récompensé aux Grammy. Avec eux, Dane a bu des bières. «Je m’entends bien avec les anglophones. Parce que je parle anglais à la maison depuis 5 ans. En studio, on causait musique. Mais pas des autres groupes: j’ai plus l’âge. On ne parlait que boulot. Musicien, c’est un métier.»

Dernier titre, une reprise de I don't wanna talk about it, une superbe chanson de Danny Whritten, qui avait été popularisée par Rod Stewart. Dans notre vidéo ci-dessous :
 

 

Dane est perfectionniste. La bande a assuré le job. En ressort un son pop bluesy «peut-être» plus lumineux. Et très orchestré (éblouissant Run Dry River, pinacle du disque). «Mais les précédents étaient très noirs». La voix, apaisée, est très en avant «pour ne pas sonner rock anglais où tout est sur la même ligne».

Six ans pour un album: Kris Dane a pris son temps. Pas de pression de la maison de disque, ni du public. Et comme directeurs artistiques, ses enfants? « Je vis dans un grand loft, avec mon bureau au milieu. Musique et vie familiale s’entremêlent. Et je demande leur avis à mes enfants. Ils me voient tout le temps guitare en main et reconnaissent tous mes morceaux. Mon fils est déjà monté sur scène avec moi. Il me dit ce qu’il pense. »

Le disque est sorti. Le gamin a dû donner son feu vert. Kris Dane apparaît pour la première fois sur une pochette, en 8 ans. «Mais je préfère être de l’autre côté de l’objectif».

+ Kris Dane, «Rose of Jericho», PIAS.
 


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Cette session a été réalisée en collaboration avec Nostalgie.