POLITIQUE

«Charles Michel a beaucoup menti pour devenir la marionnette de De Wever»

Maingain ne rigole plus: «Charles Michel a beaucoup menti pour être où il est». (Archive Reporters – Michel Gouverneur)
Maingain ne rigole plus: «Charles Michel a beaucoup menti pour être où il est». (Archive Reporters – Michel Gouverneur)-© Reporters Press Agency M.Gouv

Le FDF a 50 ans. Comme cadeau d’anniversaire, l’ancien allié MR lui offre un pied de nez fédéral en recevant un poste de Premier ministre. Maingain y voit de la «lâcheté».

Le président des FDF Olivier Maingain a fustigé jeudi soir l’attitude du MR dans les négociations pour former un gouvernement fédéral, l’accusant notamment d’avoir adopté la logique du mépris de chef de file de la N-VA, Bart De Wever, à l’égard des Wallons et des Bruxellois, qu’il aurait abandonnés «lâchement».

Devant quelque 700 à 800 participants à la soirée-anniversaire des FDF, qui célébraient leurs 50 ans lors d’une soirée académique et festive, il a aussi rappelé les fondamentaux des Fédéralistes Démocrates Francophones, fédéralistes européens, anti-nationalistes et libéraux sociaux convaincus, persuadés de la nécessité pour les Wallons et les Bruxellois de se construire un projet de société exigeant «car ils ne pourront compter que sur leurs propres forces».

«On échappe aux ébats du MR avec la N-VA»

«Je ne pensais pas que Charles Michel et Bart de Wever attendraient que nous ayons le temps d’organiser cette soirée pour annoncer qu’ils allaient consommer ensemble leur passion mutuelle. Avouez, chers amis, combien nous ne regrettons pas une décision de septembre 2011 qui nous permet aujourd’hui d’échapper à ces ébats du MR avec la N-VA», a-t-il dit, faisant brièvement allusion au divorce entre FDF et libéraux, il y a trois ans.

Au passage, Olivier Maingain s’en est pris au président du MR et futur Premier ministre, Charles Michel, qu’il a ouvertement traité de menteur.

«J’entendais, il y a peu, Didier Reynders qui cherchait à excuser cette mauvaise fréquentation en prétendant que le MR n’avait pas eu d’autre choix car il n’avait pas la main. Curieuse formule qui confirme que Charles Michel qui a beaucoup menti pour être où il est, ne serait en définitive que la marionnette de Bart De Wever», a-t-il commenté.

Pour le président des FDF, Bruxelles et la Wallonie sont confrontées aux mêmes défis: changer en profondeur leur gestion publique pour être plus fortes sur le plan socio-économique.

«Les spadassins de Bart De Wever se gaussent»

«À la différence de ceux qui veulent plaire aux nationalistes et aux séparatistes, nous refusons le discours dédaigneux, et pour tout dire morbide, des spadassins de Bart De Wever qui, en se soumettant à leur nouveau maître se gaussent des faiblesses de la Wallonie et de Bruxelles au point d’humilier les Wallons et les Bruxellois… C’est l’abandon par le MR des siens pour satisfaire son nouveau partenaire dont il dénonçait pourtant, il y a peu, les accents racistes insupportables. Plus qu’une trahison de l’esprit, c’est une lâcheté sans nom», a encore dit Olivier Maingain devant les militants et ténors du parti au rang desquels les anciens présidents Georges Clerfayt et Antoinette Spaak.

La partie académique de la soirée aura également été marquée par plusieurs interventions dont celles du professeur Vincent Dujardin, qui a coordonné la préparation de l’ouvrage retraçant les 50 ans d’existence du parti, avec la contribution, sans complaisance d’historiens et politologues d’horizons différents; de la plus jeune candidate au dernier scrutin régional wallon, Johanna Cogniaux (Soignies), et d’un plus ancien, Maurice Peeters.

Evoquant la situation politique actuelle, celui-ci a notamment eu «une pensée pour Jean Gol, président du Parti Libéral, qui fut aussi chef de file du Rassemblement wallon, mais surtout, aux côtés d’Antoinette Spaak, le père fondateur de la fédération qui a uni les libéraux francophones aux FDF durant plus de quinze ans».