POLITIQUE

Congrès du PS : les socialistes (presque) en état de guerre civile

Congrès du PS : les socialistes (presque) en état de guerre civile

Congrès de rentrée du PS, ce dimanche, à Tubize. Objectif, visible, d’Elio Di Rupo: se reprofiler comme le président du PS BELGA

Le PS a tenu son congrès de rentrée à Tubize ce dimanche. Au micro, Elio Di Rupo. Le président du PS a attaqué les libéraux au lance-flammes. Florilège...

Congrès de rentrée du PS, ce dimanche, à Tubize. Objectif, visible, d’Elio Di Rupo: se reprofiler comme le président du PS. Un coup de barre à gauche toute, sur les plates-bandes du PTB Go, pour faire oublier deux ans et demi passés comme Premier à négocier un plan d’austérité (ou de rigueur, c’est selon) avec les autres partis de la coalition (cdH, MR, SP.A., CD&V et Open VLD).

+++ Elio en mode ultra, notre édito

Depuis le micro, un déluge de feu vers les réformateurs et la droite flamande. Au-delà de l’analyse (lire en page 24), dix extraits de son discours. En fil rouge, ce sentiment: chez les socialistes, on n’est pas loin de considérer la Belgique en état de guerre civile.

1. Sur l’avenir des jeunes

«À 30 ou 35 ans, certains en sont encore à devoir vivre comme des jobistes d’été, faute de revenus réguliers et suffisants.

Il ne faut pas être devin pour voir vers quelle société désagrégée et inégalitaire nous dirige le monde libéral.

On commence par moins payer les jeunes, puis les travailleurs plus âgés, et enfin les pensionnés. »

2. Sur la coalition fédérale

«J’entends parfois le futur gouvernement MR N-VA baptisé “ gouvernement de centre-droit ”. Mais ce futur gouvernement sera un gouvernement d’ultra-droite! Sur l’échiquier politique, jamais la Belgique n’aura eu un gouvernement aussi à droite. »

3. Sur le MR, parjure

«Je cite Charles Michel, c’était le 29 avril dernier: “ Là où le MR aura la main après les élections, nous mènerons des négociations pour faire un gouvernement sans la N-VA ”. Mais enfin, Camarades, de qui se moque-t-on? Comment peut-on mentir ainsi aux citoyens et à ses propres électeurs?

Le gouvernement fédéral qui se prépare sera donc un gouvernement du parjure. Son acte fondateur sera un mensonge cynique. »

4. Sur la fourberie des libéraux

«Avant les élections, d’autres engagements solennels ont été pris par les libéraux.

Jusqu’à présent, tout ce qui a filtré nous annonce exactement le contraire.Les libéraux francophones ont délibérément opté pour la fourberie et le mensonge! Ce sera le gouvernement des injustices! »

5. Sur le changement annoncé

« À en croire les médias, ils vont s’attaquer durement aux futurs pensionnés, aux travailleurs et à la classe moyenne que le MR a dupée de manière incroyable.

Ils vont aussi s’en prendre à la fonction publique, aux personnes sans emploi, aux aînés, aux jeunes, aux personnes précaires.

Ils vont attaquer les organisations qui les défendent, à commencer par les syndicats et les mutuelles. »

6. Sur les (pauvres) citoyens

« Leur feuille de route tient en une formule: “ forts avec les faibles, faibles avec les forts ”.

Durant cinq ans, si ce gouvernement des injustices dure, les citoyens vont être saignés à blanc. Ce gouvernement va s’acharner sans pitié sur celui qui n’a pas d’autres moyens pour s’en sortir que son modeste salaire, son allocation ou sa petite pension. »

7. Sur le ciment fédéral

«Pour la N-VA, la famille socialiste, les syndicats, les mutuelles, la fonction publique sont des institutions qui tiennent le pays ensemble.

Pour détruire la Belgique, la N-VA va donc essayer de détruire ce ciment fédéral. Et je crains que le MR, trop petit et trop seul, ne s’en rendra même pas compte. »

8. Sur le rôle du PS

«C’est une certitude, le PS sera le bouclier des citoyens face à toutes les agressions qui se préparent. Nous allons combattre la droite cm2 par cm2 . Nous ne les lâcherons pas et nous attaquerons chaque mesure antisociale. Nous démonterons la propagande hypocrite de ce futur gouvernement. »

9. Sur Charles Michel (MR)

«Cette semaine encore, Charles Michel a eu le culot de dire aux gens, je cite, “ qu’on ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens ”.

Ce propos condescendant constitue surtout un véritable outrage aux travailleurs, aux pensionnés, aux sans-emploi, à tous ceux qui ne s’en sortent pas.»

10. Sur le rôle des militants

«Votre rôle, à vous les militants qui êtes sur le terrain, est d’aider les citoyens à comprendre les mécanismes de la duplicité et de la domination.

Nous ne la laisserons pas démolir 130 ans de progrès social, 130 ans d’émancipation des travailleurs, 130 ans d’augmentation du niveau de vie.»

+++ Le discours complet d'Elio Di Rupo, à lire ici