COUP DE GUEULE -

CPAS: «Aujourd’hui, c’est chacun pour ses fesses»

-EdA

Le président de la Fédération des CPAS de Wallonie lance un cri désespéré sur la situation de l’aide sociale. Un coup de gueule qui se veut une interpellation des décideurs politiques qui écoutent mais n’entendent pas la misère de l’action sociale.

La réforme de l’Etat risque de plomber les CPAS et de les rendre définitivement exsangues: diminution des points APS, poids des pensions, déferlement de demandes d’allocation en janvier prochain suite aux nouvelles règles sur le chômage, etc. N’en jetez plus la coupe est pleine.

Du coup, les CPAS lancent un cri désespéré sous forme de coup de gueule de Claude Emonts, président des CPAS wallons.

«Nous sommes pleins d’amertume» lance-t-il. On nous traite de pleurnicheurs, de gaspilleurs. On nous dit qu’on exagère. Mais les gens, ce ne sont pas des trottoirs! Nous traitons des êtres humains! Et certains prennent cela trop à la légère».

Et certains, ce sont clairement des décideurs politiques qui, dans les communes et à la Région «écoutent mais n’entendent pas» la désespérance des CPAS...et de ceux qui y émargent.

«Tous ne sont pas comme ça» dit Emonts. «Je ne veux pas faire une généralité. Mais c’est désespérant de se faire traiter par beaucoup de pleurnichard. Mais qui est déjà allé dans un CPAS une journée pour voir comment ça se passe? Quand j’explique que la salle d’attente d’un CPAS c’est un autre monde que la salle d’attente d’une administration, on me prend pour un dingo».

Pourtant les présidents de CPAS...sont des politiques. Le cdH et le PS, au pouvoir en Wallonie, n’entendent donc pas leurs troupes?

«Dans mon parti, au PS, je me fais traiter d’emmerdeur. Paul Furlan a dit l’autre jour: moi je ne fais qu’appliquer la DPR. Aujourd’hui, c’est chacun pour ses fesses. Les CPAS sont en bout de chaîne et ne lèvent pas de taxe. Tout le monde passe avant nous» conclut Claude Emonts qui veut donner un «message politique extrêmement fort .¦