LIÈGE

Piétons, cyclistes, joggeurs: apprenez à cohabiter sur le RAVeL

Des affiches de ce type ont pris place le long du RAVeL (ligne 1) qui traverse la Cité ardente.
Des affiches de ce type ont pris place le long du RAVeL (ligne 1) qui traverse la Cité ardente.-
L’ASBL liégeoise urbAgora a lancé une campagne de sensibilisation pour inviter les Liégeois à bien cohabiter sur le RAVeL qui traverse la ville. Des panneaux de signalisation roses ont fait leur apparition le long du tracé.

Les utilisateurs de la ligne 1 du RAVeL, qui passe par Liège depuis la rive gauche de l’Ourthe, puis la rive droite de la Meuse (parc de la Boverie, quai Van Beneden, etc.) jusqu’à Coronmeuse, où il franchit le fleuve et se pose sur la rive gauche en direction de Masstricht, auront sans doute remarqué que de nombreux panneaux roses y ont fait leur apparition.

Il s’agit là de la part la plus visible de l’opération menée par l’ASBL urbAgora et qui vise à améliorer le partage de cet espace de mobilité. L’association liégeoise, qui se penche régulièrement sur les problématiques de la mobilité et de l’urbanisme, vient de lancer une campagne d’un mois. Elle propose à la fois aux usagers de s’interroger sur leur utilisation du RAVeL, à l’aide de la nouvelle signalétique, tout en leur proposant de s’exprimer à ce sujet, en répondant à un questionnaire.

Le RAVeL liégeois est en quelque sorte «victime de son succès», comme le reconnaît la présidente d’urbAgora, Mathilde Collin. C’est que les pistes cyclables et zones dédiées à la mobilité douce sont encore trop rares à Liège, bien qu’elles fassent progressivement leur apparition (comme la future piste cyclable des quais de la Meuse sur la rive gauche, en chantier). Du coup, de très nombreux usagers dits «faibles» se retrouvent sur ce RAVeL urbain.

Marcheurs, flâneurs, joggeurs, pédaleurs…

«Certains s’en servent pour leur mobilité quotidienne, d’autres sont en vacances, promènent leur chien, font du jogging, etc. Certains se déplacent en marchant, en courant, à vélo… et parfois avec des véhicules dont on ne peut pas dire s’ils y ont leur place ou non: segways, vélos à assistance électrique», constate Laurent Nisen, animateur du groupe de travail mobilité au sein d’urbAgora.

Tout ce petit monde estime (légitimement) avoir sa place sur le RAVeL, mais en cohabitant parfois difficilement avec les autres. «Certains piétons se sentent agressés par les sonnettes de vélos, certains cyclistes râlent sur les groupes de piétons qui marchent de front. Les piétons qui ont un lecteur mp3 collé sur les oreilles n’entendent pas les sonnettes, certains cyclistes roulent vite, etc.» Les exemples illustrant une cohabitation parfois difficile sont très nombreux.

Un RAVeL en ville

Dans le même temps, ce RAVeL est intrinsèquement urbain et doit par conséquent composer avec les éléments de la ville. Certains passages sont étroits, des aménagements peuvent entraver le passage, certains ponts doivent être franchis, etc. Parfois, le mobilier urbain (les bancs, les poubelles) empêche un accès aisé au RAVeL pour les cyclistes, certains arbres se trouvent sur le chemin, ou encore les pavés posés au sol s’avèrent dangereux.

Chaque usager est amené à se débrouiller avec toutes ces difficultés, même si nombreux sont ceux qui reconnaissent l’utilité et la convivialité de l’infrastructure.

Des affiches et un questionnaire

L’ASBL urbAgora a dès lors affiché cette semaine, sur les 6 km du tracé qui se trouvent à Liège, quelque 36 panneaux de signalisation en rose et blanc, attirant l’attention des usagers sur tel danger potentiel, sur tel rétrécissement de voirie, etc. «Le but ne consiste pas à être restrictif ou moralisateur, mais plutôt à inviter les personnes à s’interroger sur leur mobilité, à leur manière de cohabiter avec les autres sur le RAVeL», précise Laurent Nisen.

La signalétique s’inspire volontiers – en les détournant – des panneaux du code de la route. «Ils poussent à la réflexion. par exemple, nous avons mis un panneau de limitation de vitesse "80". Il est évident qu’aucun cycliste ne roule à cette allure. Mais si nous avions mis "20" ou "30", cela aurait eu un côté contraignant pour certains.»

À côté de chaque affiche se trouvent des fiches, qui invitent les usagers à répondre à un questionnaire en ligne se trouvant sur le site d’urbAgora ou via un code QR.

«Nous ne préférons pas dire à l’avance quels seront les enseignements et quelles actions pourront être menées par la suite», prévient Mathilde Collin. «Tout dépend des réponses et de la participation des usagers. Nous préférons laisser la porte ouverte à tous les enseignements possibles.»

www.urbagora.be