En voyage depuis quatre ans

Alizée et Maxime sont en voyage depuis quatre ans. Voyage, pas vacances. Ils travaillent pour avancer hors des sentiers battus. Pour rencontrer les gens, aussi et surtout. De la Tanzanie au Nicaragua en passant par la Norvège.

«Le plus dur? C’est de se lancer. Une fois que le pas est fait, ça roule presque tout seul.»: Maxime Bellefleur et Alizée Vandercruyssen sont en voyage depuis… quatre ans. Il vient d’avoir 29 ans. Elle en a 26. Il est Québécois, elle est Belge, Woluwe-Saint-Pierre. Ils se sont rencontrés en… Tanzanie. C’était en 2010.

Un parcours qui laisse rêveur. Quand ils se sont rencontrés, Maxime, ingénieur informaticien passionné de photo, était en train de franchir le rubicond du nomadisme: «J’avais eu le coup de cœur au Brésil en rencontrant de nombreux expatriés qui parcouraient le monde. Je suis rentré au Québec, j’ai tout vendu et je suis parti. En Tanzanie donc. Dans l’optique d’un échange dans un bed and breakfast: ils m’offraient le gîte et je relançais leur site web.»

Alizée, architecte d’intérieur, était partie là-bas pour un stage. Mais avec des fourmis dans les jambes: «Avant cela, j’étais partie 6 mois en Nouvelle Zélande travailler dans une ferme. J’y ai croisé plein de voyageurs qui étaient en route depuis 2 ou 3 ans. C’est là que je me suis dit, je peux le faire. On ne pense pas que c’est si facile.»

Là, en Tanzanie, ils se sont retrouvés dans le même groupe d’amis. Ce fut le déclic et le coup de pouce mutuel pour le grand voyage qui dure depuis 4 ans.

Ni fille, ni fils à papa

Ils ne sont pas fille et fils à papa: «On travaille en cours de route. Et puis, on a très peu de besoins. À part nos sacs à dos et nos affaires personnelles qui sont dedans…» Au fil des semaines et des mois, ils ont affiné leur démarche. Ils ne partent pas la fleur au bout du fusil, au petit bonheur la chance. «Grâce à internet, nous envoyons des mails spontanés pour demander aux gens s’ils acceptent nos services contre un lit et le couvert.» Ça marche.

La mise en jambe s’est faite par un boulot pour un festival itinérant en Espagne, puis l’Oktoberfest en Allemagne, un petit coucou au Québec, une saison à La Clusaz, en France. Alizée: «J’ai travaillé dans une chocolaterie et Maxime comme photographe sur les pistes de ski.»

Coup de cœur en Norvège

Après? Un grand saut vers la Norvège pour les fêtes du solstice d’été: «On s’est retrouvé dans un coin perdu où un couple proche de la retraite avait besoin d’un coup de main pour leur supérette et leur bar café. Ils nous ont hébergés chez eux. Et puis quand cela a été fini, ils nous ont emmenés faire le tour des fjords, pêcher en mer. On a vécu avec eux plusieurs semaines, 24 h/24hLe contact a été très fort. Ils étaient devenus un peu comme des grands-parents. Ce fut vraiment un coup de cœur.» Des coups de cœurs, ils vont encore en connaître tout au long de leur périple (voir pages suivantes), des contrées et des gens. C’est peut-être 19 pays en quatre ans mais aussi beaucoup de personnes rencontrées.

«Plus le temps passe, plus on s’intéresse aux gens qu’aux sites. On tente d’apprendre la langue pour mieux communiquer avec eux, partager leurs soucis, leur vision du monde parfois très différente de la nôtre, mais aussi leurs projets et on essaie de les aider à les réaliser.»

Un voyage sans fin? «On compte encore voyager 5 ou 6 ans. Et puis, on pensera à fonder une famille. Eh oui. On ne peut pas obliger nos enfants à avoir le même style de vie que le nôtre. On ne peut pas les trimbaler partout dans le monde parce que ça nous plaît. Mais en attendant, on peut vous dire qu’on n’est pas prêts à se fixer, à redevenir sédentaire. À avoir une maison, une voiture, un boulot et des horaires fixes. Pour l’instant, on ne peut pas envisager une vie sédentaire.»

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