CE MERCREDI

Jour de la libération fiscale: un indicateur assez trompeur

"Le jour de la libération fiscale": un indicateur qui marque les esprits mais pas sa rigueur.-Fotolia

Aujourd’hui serait le jour de la libération fiscale, où vous avez fini de verser dans les caisses de l’État. Un indicateur assez trompeur.

Ce serait donc aujourd’hui que le «Belge» serait libéré de son «fardeau fiscal». Il serait le dernier Européen à recouvrer la liberté de son portefeuille. C’est ce que dit l’Institut économique Molinari, sur la base de données fournies par Ernst & Young.

Plusieurs questions se posent? En quoi consiste cette libération fiscale? Que penser de ce classement? Qu’est-ce que l’Institut économique Molinari?

1. La libération fiscale, c’est la date où le salarié belge en l’occurrence, «ne paie plus d’impôt à l’État et dispose de ses revenus comme bon lui semble». Et ce, sur base d’une année. Bref, le Belge aurait versé son salaire dans les caisses de l’État depuis le premier janvier jusqu’à aujourd’hui.

Une image pour dire que le taux d’imposition réel serait désormais à 59,6%. Soit le plus élevé d’Europe. Suivent la France, l’Autriche, la Hongrie. Ferment la marche, l’Irlande, Malte et Chypre.

2. Que penser de ce classement? Il en laisse plus d’un dubitatif dans sa façon de le calculer. On prend donc un célibataire sans enfant qui consacre 35% de son salaire à la location de son logement. On est donc dans une moyenne extrêmement théorique. De plus, cet indice additionne une série de «coûts» assez disparates comme les charges assumées par l’employeur, le salarié mais en y intégrant aussi la TVA, calculée sur 32% de son salaire.

3. On arrive donc avec ces chiffres qui débouchent sur un «fardeau social et fiscal de l’employé». Mais si différence il y a, c’est parce qu’aussi il y a des différences dans la redistribution. Ce fardeau en effet, peut alléger sérieusement votre quotidien par le biais d’une pension, d’allocations de chômage, de remboursements médicaux et de soins de santé, ou encore par le biais d’infrastructures comme les écoles, les hôpitaux, les routes… De l’argent qui n’est donc pas totalement perdu dans le tonneau des Danaïdes d’une bête étatique à l’appétit féroce. Les partisans de la libération fiscale rétorquent maintenant que ce n’est pas de l’argent perdu mais bien des «dépenses non choisies».

4. Nous y voilà, l’Institut ne s’en cache pas, il est là pour le moins d’État possible. Que c’est au salarié de décider de ce qu’il fait pour ses vieux jours, sa santé, son éducation. Tout en ne disant pas que le privé pourrait «travailler moins cher» et qu’une large mutualisation des coûts à cette vertu d’alléger la note finale individuelle.

Alors oui, ce jour de libération fiscale est vendeur mais c’est comme une voiture d’occasion, il faut s’en méfier.