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Le Belge finance l’État jusqu’au 6 août: «Attention au slogan»

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(photo d’illustration)-Belga

La Belgique est le dernier pays de l’Union européenne à atteindre son «jour de libération fiscale». Mais d’aucuns critiquent le principe de cette analyse.

L’idée d’un «tax freedom day» ou d’un «jour de libération fiscale» cache derrière un slogan facile un modèle de société inégalitaire, ont averti mardi plusieurs associations. «Je suis tout à fait opposé à cette idée», a souligné le président du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), Christian Kunsch, suite à un communiqué du cabinet d’audit financier EY qui expliquait ce mardi que la Belgique restait le pays où la fiscalité sur la main-d’œuvre est la plus élevée.

L’État collecte de l’argent pour satisfaire à une longue série de besoins collectifs, qui couvrent autant les dépenses sociales que l’enseignement. «Toutes les familles ne pourraient plus envoyer leurs enfants faire des études supérieures s’il n’y avait pas l’impôt. Si l’État ne prend pas en charge un certain nombre de services publics, c’est le recours au marché qui ne se soucie pas des gens qui ne sont pas en mesure de payer», a ajouté Christian Kunsch.

Pour la coupole des organisations sociales chrétiennes, un travail de pédagogie doit être fourni devant l’impôt.

«Il y a là un mythe: les gens pensent que ce serait mieux si le 31 janvier, ils ne payaient plus d’impôt mais ils oublient que ce sont les sociétés où il y a un impôt juste qui sont les moins inégalitaires. Ailleurs, seule une minorité s’en sort. Même la classe moyenne peine à nouer les deux bouts».

Selon l’étude réalisée par Ernst & Young à la demande de l’Institut Économique Molinari, d’inspiration libérale, les trois pays européens où le jour de libération fiscale est atteint le plus vite, sont Malte, Chypre et l’Irlande.

«Chypre et l’Irlande ont connu de graves problèmes bancaires et financiers au cours de la crise, et n’en sont toujours pas sortis. Malte et Chypre sont aussi des paradis fiscaux. À l’inverse, il est reconnu que la Belgique ne s’en est pas trop mal sorti. Mais c’est parce que l’on a pu maintenir les stabilisateurs sociaux. Et tout cela est dû au fait qu’il y a de l’impôt. Pas mal d’organisations reconnaissent que les pays où il y a une fiscalité élevée sont les pays où il y a le moins de pauvreté. C’est donc un choix de société», a fait remarquer François Gobbe, de l’association Kairos, une des chevilles ouvrières du Réseau de Justice Fiscale.