LIÈGE

Liège a créé la plus grande expo jamais réalisée sur 14-18

Liège a inauguré ce vendredi la plus grosse expo jamais réalisée sur la Première Guerre mondiale. Elle comporte deux implantations: la prestigieuse gare des Guillemins et le Musée de la Vie wallonne, au centre-ville. Elle devrait attirer 400000 visiteurs.

Les autorités liégeoises ont inauguré ce vendredi la double exposition «Liège dans la tourmente» et «J’avais 20 ans en 14», accessible du 2 août 2014 au 31 mai 2015 au Musée de la Vie Wallonne et à la Gare Calatrava. «Il s’agit de la plus grande exposition jamais réalisée sur la première guerre mondiale», a d’ailleurs souligné Alain Mager, l’un des concepteurs de l’exposition.

Cette exposition propose une double approche de la Grande Guerre. «Une plus institutionnelle, plus liégeoise au Musée de la Vie Wallonne, la seconde plus internationale, pédagogique et spectaculaire à la gare Calatrava», a résumé Willy Demeyer, bourgmestre de Liège.

Cette exposition – qui comprend donc deux implantations – donnera au visiteur l’occasion de découvrir 4000 pièces sur les 4000 m2 dédiés à l’événement.

«Liège dans la tourmente»

Le Musée de la Vie Wallonne aborde la vie sociale de la population liégeoise durant la guerre, en se souvenant que la Cité ardente fut la première ville à tomber aux mains de l’armée allemande, le 7 août 1914.

L’exposition aborde largement la célèbre bataille de Liège, résistance de l’armée belge dans la ceinture de douze forts entourant la ville et qui a retardé de plusieurs jours l’avancée de l’armée allemande, ce qui a valu à Liège une reconnaissance internationale voici un siècle.

Cette partie de l’exposition se tient dans le bel espace Saint-Antoine du Musée de la Vie wallonne, à deux pas de la place Saint-Lambert. Il s’agit d’une ancienne église, dotée pour l’occasion de nombreux objets historiques, documents, armes, photographies, uniformes, etc.

L’exposition «Liège dans la tourmente» se décline en six espaces:

– «La marche du progrès», qui revient sur le climat régnant à Liège durant la Belle Époque, avec une industrie florissante et une opulence certaine;
– «Le vent se lève», avec la mobilisation générale du 31 juillet 1914 et les jours qui suivirent, les craintes et la mise en place des dispositifs de défense;
– «Faire la guerre», qui retrace les épisodes marquants de la bataille de Liège, l’arrivée des Allemands sur le territoire et l’opposition des forts de Liège;
– «Les absents», qui se penche sur le sort des déportés et exilés;
– «1560 jours», qui traite des quatre années d’occupation de Liège, en abordant le quotidien souvent pénible de la population liégeoise durant cette période;
– «Les résiliences», à savoir le caractère mémoriel et les traces qui subsistent de la Grande Guerre à Liège et dans la province.

«J’avais 20 ans en 14»

L’exposition «J’avais 20 ans en 14», qui se trouve dans le parking de la gare des Guillemins, s’inscrit dans une démarche plus spectaculaire, pédagogique et – surtout – aborde le conflit de manière globale. À l’initiative de cette expo, la société Europa 50, qui avait déjà organisé au même endroit «SOS Planet» et «Golden Sixties – J’avais 20 ans en 60».

«J’avais 20 ans en 14» propose au visiteur une plongée au cœur de la Première Guerre mondiale durant près de quatre heures. L’exposition permet de découvrir plus de 3000 pièces, dont des exemplaires uniques, ainsi que des décors et des reconstitutions.

Des objets de très grande valeur

L’authenticité de nombreux objets s’avère en réalité être l’une des grandes richesses de cette exposition, qui a pu s’appuyer sur des dons – de privés notamment – pour rassembler de très nombreuses pièces de grande valeur. Cette exposition, qui a nécessité un an et plus de 3000 heures de préparation, repose en partie sur la mise à disposition de pièces rares par David Bardiaux, le plus grand collectionneur français de la Première Guerre mondiale.

Il s’agit, pour citer quelques exemples, du véritable siège du kaiser Guillaume II issu du salon impérial de la gare d’Herbesthal, de l’un des canons allemands qui ont passé la frontière le 4 août 1914, d’un rarissime uniforme complet d’Uhlan (cavalier prussien), d’une douille d’obus de la «grosse Bertha», de nombreux écrits, armes, uniformes et ustensiles militaires qui ont été utilisés lors du conflit.

«Chaque objet à une histoire. Plus encore que lors des expositions précédentes, nous avons pu rassembler une quantité impressionnante d’objets de grande valeur», précise Jacques Broun, concepteur de l’expo.

Le but poursuivi par Europa 50 consiste aussi à immerger le visiteur dans diverses atmosphères reconstituées, dont la plus marquante est sans conteste la vaste tranchée installée dans la gare liégeoise.

L’exposition, décomposée en sept parties, multiplie les points de vue sur la guerre en prenant l’avis des soldats, des médecins, mais aussi des civils ou des artistes. Elle se veut à la fois sérieuse et légère, tout en n’occultant pas «la boucherie qui en a découlé», souligne le commissaire général René Schyns, évoquant le dernier tableau faisant référence aux «gueules cassées».

Les concepteurs de «J’avais 20 ans en 14», par cette multiplicité de points de vue et par la plongée dans l’ambiance de l’époque, cherchent «à nuancer les points de vue, se rendre compte de l’absurdité de la guerre et des souffrances endurées dans tous les camps», explique encore jacques Broun.

400000 visiteurs attendus, dont le couple royal et Angela Merkel

Les organisateurs de la grande exposition (les deux implantations) espèrent attirer 400000 visiteurs. Une visite royale ainsi que celle de la chancelière allemande Angela Merkel sont attendues.

Elle ouvre ses portes du 2 août 2014 au 31 mai 2015 et bénéficie d’une importante campagne de promotion en Allemagne de par son partenariat avec l’expo «La Rhénanie au cœur de la Grande Guerre» qui se déroule actuellement, et jusqu’en octobre, à Essen (Allemagne).

Tous les tarifs et informations pratiques se trouvent sur www.liegeexpo14-18.be.