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Photos de l’autopsie de Julie et Mélissa: Laurent Louis rejette la faute sur «les caméras qui ont zoomé»

Le controversé député affirme avoir voulu faire un coup de bluff et rejette la faute sur les caméras qui ont zoomé et diffusé ces images.
Le controversé député affirme avoir voulu faire un coup de bluff et rejette la faute sur les caméras qui ont zoomé et diffusé ces images.-Belga

Le controversé député fédéral a comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il confirme avoir montré des photos du dossier Dutroux en conférence de presse mais pas sur son blog, assure-t-il.

Laurent Louis a dû s’expliquer sur les photos de l’autopsie de Julie et Mélissa qu’il avait exhibées en 2012. Le parlementaire indépendant est prévenu de calomnies, d’outrage à l’égard de diverses personnes dont un journaliste et des politiciens, mais aussi de recel de pièces du dossier Dutroux.

«Je n’ai pas publié les photos du dossier Dutroux sur mon blog», assure-t-il. «Je ne suis pas immoral au point de publier des photos de cadavres d’enfants.»

«Oui, j’ai brandi les photos du dossier Dutroux à la conférence de presse que j’avais donnée au Parlement, le 19 avril 2012, mais il est faux d’affirmer que je les ai publiées sur mon blog. Je n’y ai mis que les rapports du dossier», s’est expliqué Laurent Louis.

«C’était un coup de bluff»

Le député fédéral, élu sous les couleurs du Parti Populaire mais désormais indépendant, avait dénoncé au cours d’une conférence de presse en avril 2012, l’existence de réseaux pédophiles en Belgique et avait montré deux photos provenant du rapport d’autopsie de Julie et Mélissa, victimes du pédophile Marc Dutroux.

«C’était un coup de bluff parce que les journalistes étaient présents. On a pu voir les photos parce que les caméras ont zoomé puis l’image a été diffusée. Moi, je voulais juste montrer de quoi je parlais», a déclaré Laurent Louis à l’audience, concernant le volet «recel».

Laurent Louis est aussi prévenu d’outrage à l’égard du Premier ministre Elio Di Rupo qu’il avait traité de pédophile. Le 21 janvier dernier, la chambre du conseil de Bruxelles avait décidé son renvoi en correctionnelle.

Il ne regrette pas avoir publié des accusations sur des personnalités belges
"J'avais reçu un e-mail avec cette liste intitulée 'Magouilles et corruption de la politique belge' mentionnant plusieurs personnalités belges et je l'ai publiée sur mon blog", le 12 avril 2012, a par ailleurs admis Laurent Louis. "Je n'ai pas rédigé cette liste (...). Cette liste m'avait été envoyée par e-mail depuis une adresse qu'on ne savait pas identifier", a-t-il ajouté. "J'ai appris plus tard qu'elle provenait d'Aimée I., aujourd'hui décédée. Je l'avais rencontrée à plusieurs reprises par après et c'est elle qui me l'avait alors dit", a-t-il expliqué.
"Je ne sais pas si cette liste dit la vérité! Et non, je n'ai pas vérifé, avant de la publier, si son contenu était fondé. Je ne suis pas juge d'instruction! Mais j'estimais que mes concitoyens aimeraient en avoir connaissance", a encore déclaré le prévenu.
"Je ne regrette pas avoir publié cette liste, même si je savais qu'il y avait peut-être des personnes qui y étaient citées et qui étaient innocentes. Elles font partie des victimes collatérales, comme en Afghanistan", a conclu le politicien connu pour ses positions extrêmes.

+ MISE A JOUR | Il maintient aussi ses allégations contre Di Rupo. La suite le 13 mai prochain