Art belge

Les murs orphelins de Roger Somville

La station de métro Hankar à Bruxelles propose une fresque de 600 m2signée Roger Somville.
La station de métro Hankar à Bruxelles propose une fresque de 600 m2signée Roger Somville.-Belga

Sur les murs et dans les espaces publics, il plaçait l’être humain au centre de son art. Le peintre bruxellois Roger Somville est mort lundi.

Des personnages un peu flous aux grands yeux tristes. Des rouges flamboyants, des bleus profonds… Le peintre bruxellois Roger Somville est mort, ce lundi. C’est son fils, Marc Somville qui a annoncé son décès à Uccle. Le peintre avait 90 ans.

Artiste engagé, membre du parti communiste belge, Roger Somville était né à Schaerbeek, le 13 novembre 1923.

Jeune, il étudie la peinture à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et chez le peintre Charles Counhaye. Il fait ensuite partie des membres fondateurs de plusieurs collectifs artistiques tels «Forces Murales», «Mouvement réaliste» ou encore «Collectif d’art public». Il est aussi associé au renouveau de la tapisserie à Tournai, en 1946. Déjà, il veut associer architecture et art monumental via des tapisseries, des fresques ou encore des vitraux. Un engagement autant politique qu’artistique pour lui, qui revendiquait «la création d’un art public exaltant la vie et le travail des hommes, leurs luttes, leurs souffrances, leurs joies, leurs victoires et leurs espoirs; art à placer à la portée de tous, là où passent et vivent les hommes.»

À Bruxelles et Louvain-la-Neuve

Il est notamment l’auteur de plusieurs fresques murales, dont celle de la station de métro Hankar à Bruxelles (Auderghem). «Le Triomphe de la Paix», une tapisserie du Palais des Congrès de Bruxelles, figure également parmi ses œuvres les plus connues. On peut aussi le retrouver à Louvain-la-Neuve avec une fresque interrogative: «Qu’est-ce qu’un intellectuel?»

«Il fut l’un des principaux représentants de l’attitude picturale réaliste sur le plan national et international», précise sa famille dans un communiqué de presse. Artistiquement, Roger Somville s’est toujours montré comme un défenseur de l’art figuratif face à l’abstraction. Il pouvait se montrer sévère, dénonçant «le triomphe du moins que rien» ou encore «l’inféodation de l’art moderne au marché mondialisé». Pourtant, il n’hésitait pas à représenter ses personnages à l’image de rêveurs évoluant dans un monde abstrait.

Peintre et enseignant

Le peintre disposait d’un atelier à Tervueren et depuis 1958 d’un second atelier à Olmet au centre de la France. Il avait également connu une carrière d’enseignant et avait dirigé l’Académie des beaux-arts de Watermael-Boitsfort pendant 38 ans.

La ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Fadila Laanan, a salué hier la mémoire et l’œuvre du peintre.

Dans un communiqué, elle a rendu hommage à «l’artiste complet qui savait si bien apprivoiser tous les supports» et au «passeur de savoir».

Les obsèques du peintre auront lieu ce vendredi 4 avril au crématorium d’Uccle.