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Deux Guillaume et deux albums

Pour se démarquer, Guillaume Ledent et Guillaume Duthoit sortent un split-album. L’occasion de découvrir deux univers différents.

Cela ne sert à rien de tourner autour du pot: les temps sont durs pour les chanteurs de notre (petite) Fédération Wallonie-Bruxelles. Du coup, certains artistes cherchent de nouvelles façons de toucher le public. C’est le cas de Guillaume Ledent et de Guillaume Duthoit. Le premier est connu pour son répertoire pour enfants et son projet Dérange ta chambre qui tourne bien en Wallonie. Le second, ex-chanteur de Coïncidence (avec notamment son frère Sébastien et Yves Barbieux qui fondera plus tard Urban Trad) a entamé une carrière solo sous le nom de Guillemot.

Les deux compères publient simultanément leurs albums respectifs – Marcher sur les murets et Je vole sous l’eau – dans un coffret commun, intitulé Histoire d’écailles et de plumes. Un bel objet financé par le système participatif du crowdfundig. Cela valait donc le coup de les inviter à présenter leur projet.

Comment est née l’idée de ce projet à deux?

G.L.: On faisait des concerts croisés. On s’est dit que ce serait chouette de prolonger l’histoire. Nous avions tous les deux l’envie de faire un album…

G.D. : Il est venu me trouver avec l’idée de faire un split-album. Moi, je ne savais même pas ce que c’était… On est donc partis sur cette idée du vinyle. Cela a fait une émulation et du coup, on a même écrit des chansons ensembles. Finalement, on a fait chacun un CD.

Vous avez chacun votre univers. Guillaume Ledent vous êtes plus dans le concret, tandis que Guillemot, c’est plus l’imaginaire…

G.D.: Tout à fait. Guillaume est plus engagé, plus citoyen… Moi j’ai besoin d’évasion. Mais c’est souvent pour parler des mêmes choses.

G.L. : Avec ce double album, nos univers se sont rapprochés. J’avais envie de travailler avec quelqu’un par envie de faire autre chose. J’avais envie d’être bousculé dans mes habitudes.

En 2014, c’est déjà compliqué de sortir un album. Donc deux, c’est encore plus compliqué, non?

G.D.: Le disque se vend encore en concert. Et comme on fait les concerts ensembles… Et puis on a vraiment soigné l’objet. Outre le concept original, nous avons apporté beaucoup d’attention au graphisme, à la manière de présenter les choses… Nous sommes encore des artistes à découvrir. On peut jouer cette carte-là!

G.L.: Nous n’avons rien à perdre. Il faut se démarquer!

Pourquoi avoir fait appel au financement participatif, via la plateforme Kisskissbankbank?

G.L.: C’était une manière de sonder l’intérêt du public. Nous avons obtenu 3 800€ via 90 investisseurs. Cela nous a stimulés! C’est un bon baromètre.

Parlons de l’album de chacun. «Marcher sur les murets» s’avère être un album pop et positif…

G.L.: «Marcher sur les murets», c’est une manière de dire que l’on peut changer les choses.

Et Maddy in June, que vous avez joué dans notre studio?

G.L.: J’ai inventé une histoire d’amour impossible entre un ado et sa prof d’anglais lors d’un camp à la mer. Ici, c’est le titre qui a dicté la chanson. Cela m’a imposé des contraintes.

Et vous Guillemot?

G.D.: Ce qui est commun entre nos deux univers, c’est que l’on raconte des histoires. La chanson «Je vole sous l’eau» me présente. Moi, je vole sous l’eau à la recherche de l’inspiration. Dans mes textes, j’ai un certain goût du fantastique et de jouer avec les mots.

Guillaume Ledent et Guillemot, «Histoires d’écailles et de plumes», Ploum!/COD & S Distribution